Affichage des articles dont le libellé est Cosmopolite. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Cosmopolite. Afficher tous les articles

11/09/2014

[Lecture] Dialogue judéo-arabe

S'il est dans les usages qu'une conversation réunissent des avis divergents, il est moins conventionnelles de faire s'exprimer les tenants de deux peuples en guerre jusqu'à atteindre le paroxysme de leur désaccord. Essai réussit car intelligible bien que beaucoup de questions demeurent sans réponses. A chacun donc de se forger son point de vue.  

Que peut-il y avoir de commun entre un marocain musulman et un juif d'origine tunisienne ? L'amitié et le journalisme. Le premier force au respect, le second au dialogue. C'est par cosnéquent à une intifada un peu singulière que se livrent les deux journalistes aux convictions opposées au fil ininterrompu de cet ouvrage. A la différence du terme employé dans le contexte militaire, le "soulèvement" vise plutôt ici à faire prendre de la hauteur à une situation embourbée. A coups de faits, d'arguments, d'interprétation aussi, chacun tente de défendre sa vision dans un maëlstrom de complexité et les méandres d'un conflit aux multiples facettes : religieuse, culturelle, historique, géographique, économique...
Entre islamisme et sionisme, il est loin d'être évident de se frayer un chemin raisonnable. C'est pourquoi, ce dialogue pose plus de questions qu'il n'offrent de réponses toutes faites. Et c'est heureux, car telles que'elle sont posées ici, les questions permettent d'aller au fonds de choses.
Sur fonds de dissensions irréductibles deux questions fondatrices se posent : la solidarité arabe est-elle condamnée à être arabe ? Israël est-il la nation des Juifs ?

[Un dialogue de guerre dans un esprit de paix oblige chacune des parties
 à s'écouter sans toutefois s'entendre]

Longtemps ennemis, Hamid BARRADA et Guy SITBON ont décidés de se retrouver autour d'un dialogue si ce n'est fécond tout au moins respectueux de l'autre. Rarement d'accords tant leurs opinions, convictions et raisons divergent, ils ont accepté de déplacer le conflit du terrain militaire à celui plus feutré d'un essai. Comme ils l'affirment eux-mêmes : Tant qu'on n'a pas posé un problème, on ne le résout pas, la guerre continue. Deux visions du monde en partage comme deux lectures d'un même conflit qui s'affrontent sans que personne. Un paradoxe ou les arguments plutôt que les armes dessinent le chemin d'un dialogue retrouvé.


L'Arabe & le Juif. Dialogue de guerre, Hamid BARRADA, Guy SITBON, PLON, 2004

04/08/2014

DOSSIER | La mondialisation, une société à grande échelle


Lisbonne, mai 2013

Introduction | Société-monde

Adulée par les uns et diabolisée par les autres, force est de constater que la mondialisation poursuit imperturbablement son oeuvre à l'échelle de la planète. Et si elle produit de l'exclusion, elle n’est rien d’autre que le miroir des inégalités omniprésentes dans chaque coin du monde. Et malgré ses nombreux atouts en terme de mutualisation d’expériences, la globalisation ne parvient pas à enrayer ces malencontreuses réalités. Elle devient alors un triste bouc émissaire.

Emmenés dans l'ère de la mondialisation, nous vivons dans une société-monde où le moindre battement d'aile d'un papillon dans un coin de la planète éveille à l'autre bout un élan de générosité. Ceci marque l'existence d'une réelle solidarité internationale. Cependant, grand paradoxe, les gouvernants des pays ne parviennent pas quant à eux à s'accorder pour définir communément des objectifs à l'échelle internationale.


[En dépit des fuseaux horaires, nous vivons tous à l'heure de la mondialisation]

Afin d'agir plus efficacement sur les problématiques de la planète, les gouvernants de grandes puissances ont pris pour habitude de se réunir sous la forme de grandes réunions, et de créer des organes de régulation sur les principaux thèmes internationaux. C'est ainsi que sont nées l'Organisation Mondiale du Commerce ou encore celle de la Santé. Ces structures témoignent d'une prise en compte pragmatique des situations d'urgence et assurent un suivi durable. Mais malheureusement cet engagement n'atteint pas un niveau suffisant. Dans de nombreux cas les décisions prises n'atteignent que difficilement le compromis minimum et tant bien que mal tentent de les faire appliquer auprès de collègues pour le moins circonspects. La mondialisation s'illustre ainsi par un processus qui entraîne toute l'humanité dans son sillon dans un mouvement où chacun est tantôt maître du jeu tantôt perdant. Est-il possible aujourd'hui de rebattre les cartes d'un jeu dont le plateau s'étend à l'échelle mondiale ?

[F-X.H]

Au sommaire de ce dossier, retrouvez :

[Médito] Cosmopolites
[Débat] Démondialiser : solution radicale ou finale ?
[Expertise] La "somalisation" du monde
[Expresso] La Chine s'expose
[Initiative]Monsieur Mondialisation
[Lectures] Le monde selon Camus
[Live] Géopolitique en 2013 (Par Jacques ATTALI)
[Regard] L'horloge du monde
[Voyage]Les 3 itinéraires d'Erik ORSENNA

06/04/2014

[Voyages] Rwanda, mon horreur

Les violences à l'égard des peuples, qui plus est dans le cas de génocides génèrent deux types de cicatrices profondes. Il y a celles visibles des villages en ruines qui témoignent des heurts et portent les stigmates de la haine sans concession. Et surtout celle des consciences qui s'illustrent par une double violence physique et psychologique. Dans les deux cas, les cicatrisations nécessitent du temps, de l'énergie et une oeuvre collective. Il reste cependant plus évident de reconstruire des murs que de vivre en paix avec le souvenir. Les meurtrissures du passé se transmettent de génération en génération, laissant le soin au descendant d'exécuter une partie du deuil dans le silence en surface et le bruit intérieur. Pourtant agir sur son environnement influe sur sa propre existence. 

Vingt après le génocide, le Rwanda s'est reconstruit un nouveau visage à travers un travail sur l'urbanisme qui permet d'effacer les stigmates de la terre. Qu'en est-il de la mémoire ? La commémoration est un acte essentiel dans l'avancée de la civilisation. Elle permet la reconnaissance favorise la reconstruction. 

Vingt ans c'est une durée qui se mesure à la lumière des circonstances. A la fois long car l'espace d'une génération et court sur l'échelle de la diplomatie. 

16/09/2013

[Lectures] Le monde est leur métier


En cette période où les médias aussi font leur rentrée, aborder la question du journalisme dans ses valeurs et ses méthodes touche de près l'actualité. Passé le mercato des radios, télé et presse écrite, la lecture de ce livre apporte un éclairage bienvenu sur l'exercice journalistique.

C'est un dialogue ininterrompu que l'on voudrait pouvoir suivre d'un seul trait. Une conversation avec pour décor le monde entier. Une joute intellectuelle entre deux esprits habités par le feu sacré du journalisme d'investigation.


Parmi les nombreux traits que l'on peut leur prêter, les deux journalistes ont en commun d'avoir travaillé pour le Monde, comme sujet et comme journal. Un Monde comme terrain de leurs enquêtes et comme écrin pour leurs témoignages. 

Une méthode

Il y est sans cesse question de décrypter le réel au contact du terrain ; user de son intuition au même titre que du sens d'observation ; pratiquer des aller-retour entre l'analyse rationnelle du vécu et le monde sensible. Tels sont les ingrédients de leur pratique et les enseignement de leur longue expérience.
Partant du constat de l'indéfectible subjectivité de la matière humaine, le deux intellectuels en appellent à l'engagement journalistique et en donnent une recette précise. Constater le réel, s'en faire l'écho tout en assumant de le relayer à travers le prisme d'une vision humaniste faite de liberté et d'ouverture au monde.


Deux parcours

Les deux grandes signatures du journalisme présentent ici leur parcours dans le triple décor du monde, de l'Histoire et des prestigieux journaux. Au gré des reportages qu'ils font resurgir, ils décrivent la genèse de la mondialisation. Le lecteur trouvera dans ce récit biographique des références à la Guerre d'Indochine, la chute du Communisme et le colonialisme en Algérie. Si la même passion les anime dans leur itinéraire, pour chacun d'eux le moteur et les circonstances sont différentes. L'engagement n'est pas toujours une évidence et peut naître de convictions profondes transmises dès le plus jeune âge. C'est le cas pour Guetta. Mais cet engagement peut également naître de la confrontation avec une réalité qui fait réagir comme pour Lacouture qui défend l'idée d'un journalisme de contestation.

Le monde est mon métier, Bernard GUETTA, Jean LACOUTURE, Grasset, 2007 

13/02/2012

[Voyages] Indochine

Vue d'Europe, l'Indochine fait rêver autant qu'elle interpelle. Elle fait rêver par son exotisme, l'horizon lointain qu'elle incarne ainsi que les joyaux dont elle regorge. Le Temple d'Angkor, la Baie d'Along, Ho Chi Minh, le delta du Mékong. Ces richesses du passé, fruit de la nature et du travail forcené des hommes sont équitablement contenues dans les trois pays que compte l'Indochine : le Laos, le Cambodge et le Vietnam. Au cours de notre périple, nous visiterons les deux derniers en laissant pour plus tard le Laos. Faute de temps, nous ne pourrons pas voir non plus les Minorités du Nord du Vietnam. Le Vietnam interpelle en raison de la fin de colonisation tragique et le Cambodge à travers le génocide entre les Khmers rouge et blanc. 

27/09/2011

[Débat] Démondialiser : solution radicale ou finale ?

"Démondialisation", le terme est à la mode et semble faire recette chez les hommes politiques. A telle enseigne qu'on observe des partisans de cet objectif à gauche comme à droite de l'échiquier politique. Etrange projet que le bipartisme indiffère. En réalité, c'est à la polysémie du terme qu'il faut donner la responsabilité. Car tous ceux qui emploient le concept de "Démondialisation" ne mettent pas la même définition derrière. Ils ne donnent pas tous le même sens au terme et encore moins ne proposent le même projet.
L'initiateur du concept est le sociologue Walden BELLO. Sa thèse est simple. Selon lui le processus de démondialisation désolidarise l'économie du reste de la société en ce sens  où les seules relations qu'il tisse sont d'ordre financière. Autrement dit, le libre-échange ne profite qu'aux spéculateurs. Et cette globalisation n'est en aucun cas le vecteur par exemple d'une citoyenneté internationale. 
Aussi, pour le sociologue,la démondialisation doit permettre la réinsertion de l'économie et du marché au coeur de la société. Et par voie de conséquence le subordonne aux autres préoccupations de la vie de la cité. 

Dans les faits, il existe aujourd'hui trois desseins à cette perspective :

1) il s'agit pour des communautés paysannes appartenant aux pays du sud de défendre leur autonomie contre l'intégration dans le marché mondial où ils auraient tout à perdre car non compétitif. C'est le sens premier qu'en donne Walden BELLO.
2) il faut rétablir de nouvelles barrières douanières pour sauvegarder les conditions sociales et écologiques des industries européennes. C'est l'objectif que propose Arnaud MONTEBOURG.
3) Il suffirait de sortir de l'euro, de l'UE et du marché mondial pour retrouver une souveraineté nationale perdue. C'est l'interprétation qu'en fait le Front Nantional.

Comme souvent dans ce genre de projet, les détenteurs n'expliquent que partiellement la méthode avec laquelle ils envisagent arriver à leurs fins. Et puis, les principaux détracteurs reprochent le simplisme de cette idée.

La vraie question que l'on est en droit de se poser : En quoi la démondialisation est-elle vecteur de progrès ?

19/09/2011

Quand l'Europe touche à la faim

Plusieurs pays membres de l'union européenne s'opposent au maintien des budgets européens qui permettent de financer les repas gratuits de plus de 13 millions de personnes. La réduction draconienne d'un programme européen d'aide alimentaire aux pauvres serait donc envisagée. Un soutien financier dont bénéficie entre autres les restos du coeur en France et bien d'autres de leurs homologues en Europe.

Cette décision, si elle voit le jour serait un nouveau coup de semonce contre la perspective européenne. Pour au moins deux raisons.

La première est des plus pragmatiques. Se nourrir est vital. Et pour qui ne dispose ni de logement, ni d'accès à la santé, l'aide alimentaire est le plus souvent le dernier recours comme le besoin premier. A l'heure ou, à travers des directives très précises, l'Europe impose aux états membres une rigueur implacable dont les premiers à en connaître les conséquences sont les plus vulnérables, elle ne peut ni ne doit, par la même occasion leur faire vivre une double peine en les privant d'une aide vitale.

La seconde raison est d'ordre symbolique et par conséquent éminemment politique. A travers cette aide, l'Europe montre sa préoccupation sociale et témoigne de l'intérêt de la solidarité envers les peuples. Il s'agit d'une manière de "faire société" au sein d'une union où le refrain le plus réccurent sonne souvent les réflexes indentitaires.

09/12/2010

De la démocratie en Birmanie


Comme tous les commentateurs l’ont très justement présenté lors de sa libération, Aung San Suu Kyi, c’est l’espoir Birman. Aujourd’hui l’opposante Birmane est libre. Mais de quelle liberté parle-t-on ?



« La liberté d’expression est le fondement de la liberté démocratique » a-t-elle lancée.



Du point de vue du droit, comme ses avocats l’on souligné, l’opposante à la junte au pouvoir est libre sans condition. Mais dans les faits, un risque pèse toujours sur elle. C’est celui de se voir à nouveau assignée en résidence comme elle le fut sept années durant.



Dans son discours en direction du peuple Birman, elle s’est dit en faveur du dialogue. Un dialogue avec ses partisans bien entendu, mais également à l’attention du pouvoir en place. Car elle le sait, dans cette ancienne colonie anglaise dont le pouvoir est aujourd’hui aux mains des militaires, toute alternative démocratique ne peut passer que par une négociation.



S’agissant d’un pays comme la France, la liberté d’expression s’illustre sous des formes variées. Celle de la presse, de la libre association à travers la célèbre loi 1901, celle des manifestations. On pourrait comme cela en citer d’autres. Mais dans un pays comme la Birmanie, de quelle marge de manœuvre dispose-t-elle ?



Elle sait qu’elle peut compter sur la proximité de la Thaïlande tant du point de vue géographique que démocratique. Les militaires au pouvoir sont quant à eux plus proches de la Chine.


A présent elle exhorte le peuple à prendre la parole pour entrer en résistance contre leurs dirigeants. Il lui faudra seulement du temps. Peut-elle longtemps résister seule si elle ne peut offrir que cela à ses partisans ? Alors que de son côté la junte crée emploi avec la présence d’une grande entreprise française dans le pays ?



Le soutien ne peut venir que de l’extérieur. Organiser une pression de la part de la communauté internationale, telle est l’aide que nous pouvons lui apporter concrètement.


27/08/2010

[Initiative] Sauvons Sakineh

Hors d'oeuvre soutient la pétition contre la lapidation de l'iranienne Sakineh Mohammadi-Ashtiani. A cet égard nous publions un article signé par Daniel HELBERT, Président de l'Association "Ensemble Agissons".

Chaque jour, les journaux Libération, Elle et La Règle du jeu publient des lettres d'artistes, d'intellectuels, de politiques et de lecteurs en faveur de cette iranienne condamnée à la lapidation. Jane Birkin, Ségolène Royal, Valérie Giscard D'Estaing, Carla Bruni, Isabelle Adjani, Bernard Kourchner, Martine Aubry, Charlotte Gainsbourg et beaucoup d'autres, connus ou anonymes, ont rejoint le combat conduit par Bernard-Henry Levy pour violation des droits de l'homme.
En Iran, dans un pays où la démocratie n'est pas la vertu la mieux répandue, des hommes s'apprêtent à commettre l'irréparable. Devant une foule d'excités, ils lanceront des pierres à la tête de Sakeh, enterrée vivante, jusqu'à ce que mort s'ensuive.
Les hommes qui ont jugé Sakineh, mère de famille de 43 ans, sont des religieux fanatiques. Celles et ceux qui les suivent sont prisonniers de croyances fondées sur la peur. La peur de l'autre, la peur de la différence, la peur d'être châtié par ceux qui ont bâti les codes et les lois discriminatoires en vigueur dans ce pays.
Comment ne pas s'insurger devant ce verdict. Comment ne pas être touché au fond de soi par cette intolérance et cette violence faite aux femmes qui revendiquent la liberté de vivre. Quelque soit la faute(!) commise par Sakineh au yeux de ses justiciers lapidaires, rien ne peut justifier un tel acte de barbarie.
Les mots sont peu de choses. Seront-ils suffisants pour infléchir la décision d'un tribunal fantôme et fantoche qui, sous la pression internationale, s'apprêterait à commuer la lapidation en pendaison? Nous pouvons en douter. Mais pour Sakineh et ses soeurs maltraitées dans de nombreuses régions du monde, nous n'avons pas le droit de garder le silence. Nous avons le devoir de crier haut et fort: "Arrêtez!"

Daniel HELBERT

22/07/2010

Les vacances d'été



Mer ou montagne, Farniente ou activité, visites de musées ou activités sportives, découverte de sa région ou voyage à l'étranger. A chacun ses vacances. Et vous à quoi ressemble votre été ?

01/07/2010

Une anecdote internationale



Les Citronniers. J'ai tout récemment découvert ce film sorti en 2008. Il raconte une histoire vraie qui aurait pu rester une anecdote parmi d'autres. Quoi de plus banal en effet qu'une querelle entre deux voisins. il en existe mille autres exemples dans le monde.

L'histoire. Une veuve palestinienne qui se bat et qui tient tête à qui veut l'entendre pour conserver en l'état son champ de citronniers. Alors que son voisin ministre de la défense Israélien veut le supprimer et pour ce faire en appelle à la sécurité nationale. C'est à ce moment que la polémique prend une dimension internationale.
Car le réalisateur est parvenu à exprimer et développer le sujet de telle manière que l'histoire s'est transformée en fable qui présente sans fard et avec une parfaite lucidité le conflit israélo-palestinien.

Mais les citronniers incarnent à eux seuls bien plus que des arbres fruitiers. Ou pour être plus exacte les fruits qu'ils donnent possèdent une autre richesse.

Ils évoquent les racines, la mémoire, les valeurs de tout un peuple dont le jus de fruit tout à la fois nourrit, donne le sourire aux lèvres de ceux qui le consomment et ainsi se fait le vecteur de toute une tradition.












Les Citronniers, un film de Eran RIKLIS, 2008

24/02/2010

SUISSE • Congrès mondial contre la peine de mort à Genève | Courrier international

SUISSE • Congrès mondial contre la peine de mort à Genève Courrier international

Le congrès mondial contre la peine de mort s'ouvre aujourd'hui en Suisse, ville symbolisant les droits de l'homme.Le but : l'abolition universelle de la peine de mort. On connaissait la réputation de Genève en tant que siège social de la Croix-rouge et sa neutralité légendaire. Désormais il faut lui compter un nouvel engagement : celui de la lutte contre la peine de mort. Car on ne peut accueillir un mouvement sans en défendre la cause.

Est-il encore nécessaire de l'affirmer ? La peine de mort est une mesure injuste et ignoble. Injuste car rien ne peut justifier un tel acte. Ignoble car peu valorisant pour une société civilisée. Cet acte ne fait qu'expimer la barbarie des hommes et ne rend pas son honneur à la justice. Le congrès qui s'ouvre ce jour à Genève montre hélas, tout le chemin qu'il reste à parcourir en matière de droits humains sur le plan international. Et nous invite à relire le célèbre ouvrage de Robert BADINTER : "l'abolition". L'ancien garde des sceaux y raconte le combat qu'il a mené pour venir à bout de cet acte injustifiable en matière de justice. Il débute son récit par ces mots : "je pensais que l'accomplissement de la tâche ordinaire, les rythmes et les rites de la vie quotidienne pourraient apaiser l'angoisse de mort qui m'étraignait. Mais l'espoir d'échapper, même un moment, à ce qui était arrivé la nuit précédente était vain".

Pour une société, avoir recours à la peine de mort est un aveu d'échec. C'est l'ultime solution quand tout est devenu inutile. Or la vocation d'une société n'est-elle pas de mettre en place toutes les solutions pour garantir la vie des citoyens.

De surcroît, la peine de mort c'est la fin jusitifie les moyens. Quelle que soit la méthode utilisée : injection létale ou pendaison, il n'y a pas de mort douce et sous prétexte

22/02/2010

[Portrait] L'ennemi public

Bernard Henri-Lévy publie deux ouvrages ce mois-ci : De la guerre en philosophie et Pièces d'identité. Il est devenu habituel qu'une polémique accompagne la sortie de chacun de ses livres. Pourtant celle qui concerne Jean-Baptiste BOTUL, un auteur qu'il cite alors qu'il n'a jamais existé ne ressemble à aucune des autres. Et pis, elle fait porter un doute sur le sérieux de la méthode de travail du philosophe sans bureau. Bhl comme souvent le nomment ses nombreux détracteurs, serait-il le dernier des romantiques ?


Entre les murs d'un bureau et ceux de l'Histoire, il a choisi les derniers. Mais, pas pour rester aux pieds du mur. Au contraire pour le briser. Le philosophe voyage aux quatre coins de la planète et sa plume vibre au rythme des guerres pour nous rapporter ses "choses vues" dans "Le Monde" ou de "Le Point". D'aucuns diront qu'ils s'inventent parfois des interviews avec des chefs d'état qui n'ont pas eu lieu. En vérité il cherche à rentrer dans les esprits des populations pour comprendrele tragique de l'intérieur. C'est à ce titre une littérature romantique plus que des essais à vocation scientifique. Mais n'est ce pas de la matière humaine qui est contenue dans ses ouvrages.

J'ai découvert BHL tardivement dans la bibliothèque universitaire de la fac où j'étudiais. Ma première lecture de son oeuvre fût : Réflexion sur la Guerre, le Mal et la fin de l'Histoire. Dès les premières pages, je m’accroche au récit et reste concentré jusqu’à sa fin. Ma passion pour la philosophie ne fait que croître. Et elle s’illustre véritablement dans ce récit où votre pensée féconde joue un vrai rôle. La philosophie n’est donc pas une simple masturbation cérébrale que l’on accompli dans un sombre bureau rempli de piles de livres poussiéreux. Cette noble discipline devient un message de l’humanité au reste de monde. L’apprentissage de la sagesse s’exerce aussi en parcourant le globe. Cette idée me séduit. Par la suite ses voyages m'ont donné le goût de l'aventure littéraire. C'était en 2001. Un avion venait de faire s'écrouler les twin towers. L'auteur avait tout juste eu le temps d'écrire en annexe de son ouvrage sa vision et son analyse des faits. Mais il avait tout de même décidé de courir le risque de parler trop vite ou trop peu, pourvu qu'il en donne son point de vue. A la question que lui vaut cette fougue et la violence dont il fait souvent les frais, l'auteur prolixe répond en partie dans sa correspondance avec Michel Houellebecq. Son goût pour l'écrit et le débat précède celui des causes qu'il défend.

Celui qui s'est autoproclamé philosophe sur le plateau d'Apostrophes et auteur de La barbarie à visage humain n'a de cesse de s'interroger sur le mal et plus précisément l'indifférence générale face à ce mal résiduel. Si le Lys et la Cendre parle d'évènement aussi tragiques, cela ressemble plus à un récit de voyage. Que dis-je de voyages. Comme il le dit lui-même c'est un condensé de 6 ans de sa vie. Six années à vivre aux côtés de la guerre en inventant toutes les initiatives possibles pour y mettre fin. En vain.


(Je vous renvoi à l'article que j'ai fait paraître sur ce blog à mon retour de Croatie en 2007 dans la rubrique Evasion)


Il est rare que l'homme à la chemise blanche ouverte jusqu'au nombril s'invite au milieu d'un évènement. Mieux, il le créé. La philosophie consiste selon les propos de Gilles DELEUZE et Félix GUATTARI à concevoir des concepts. BHL les créé en partant du terrain. C'est en partant des situations qu'il révèle la barbarie des Hommes pour mieux la combattre. Il utilise la philosophie comme une arme contre la tentation de la tour d'ivoire ou du ciel des idées [...] je plaide pour une philosophie engagée, une philosophie de terrain, une philosophie prenant le risque de l'évènement. Confiait-il à Libération le week end dernier.

Bernard-Henri LEVY parle de la barbarie avec un certain romantisme qui n'altère pourtant rien au sérieux de sa pensée. Hors de son bureau, il prend des risques inouïs et continue de croire après tout ce temps que son combat est non seulement juste mais utile. Il porte des valeurs auxquelles il croit dur comme fer et quand il défend une cause, il y met même son âme. Est-il nécessaire de rappeler qu'il est un des rares intellectuels résidant dans l'hexagone à ne pas s'être laissé agripper dans le réseau du candidat UMP lors des dernières présidentielles ? C'est un philosophe engagé au service de la liberté des peuples.Il se dégage, j'en ai bien peur, dans les réactions qui le vise plus lui que son oeuvre d'ailleurs, une forme de nihilisme inquiétant.


Bernard Henry Lévy, des raisons dans l'histoire (C'est un lien vers le site internet officiel que tient une de ses collaboratrices.


15/02/2010

[Médito] 3 sources de la vulnérabilité


Malgré les progrès de la technique, l'Homme demeure vulnérable, et ce à plus d'un titre. Marquée par sa finitude qui s'illustre par les événements où chaque fois la question demeure : qui de la main de l'Homme ou de la technique a failli ?



La santé, les catastrophes naturelles et la guerre constituent trois facteurs qui rendent l'homme vulnérable. Trois causes distinctes. Trois causes qui mettent en exergue l'interdépendance entre l'Homme et son milieu. Trois causes que la seule prise de conscience ne suffit pas à éradiquer car il s'agit de trois causes récurrentes que l'on connaît sans être en mesure de les apprivoiser. D'autant qu'il est plus ou moins facile d'agir sur l'ensemble de ces variables en fonction de l'environnement, de la culture et du niveau de développement des pays. C'est sans doute cela qui fait dire à KOFI YAGNANE que l'homme est risque à courir.

Les catastrophes naturelles

Le séisme en Haïti parle lui-même comme d'autres qui l'ont précédé provoquant chaque fois l'émoi de l'ensemble de la communauté humaine. La catastrophe naturelle survenue rajoute un drame social à la situation de pauvreté existante. En Haïti, la capacité d'intervention des pouvoirs publics locaux est extrêmement réduite car ils en sont également victimes. Seule la solidarité internationale peut apporter le secours tant financier que matériel et humain.



La pandémie ou la famine qui mettent en péril la santé

L'épidémie de grippe qui a vue la propagation du virus H1N1 en est un symbole fort. Tout juste terminée elle a mobilisée le pays tout entier pendant plusieurs mois. Le pire était envisagé.
Dans L'avenir de l'eau Erik ORSENNA nous met en garde : "Dans dix ans, dans vingt ans, aurons-nous assez d'eau ? Assez d'eau pour boire ? Assez d'eau pour faire pousser les plantes ? Assez d'eau pour éviter qu'à toutes les raisons de faire la guerre s'ajoute celle du manque d'eau ?"
Cette citation réunit à elle seule les trois dimensions précédemment évoquées. L'eau apporte la santé autant qu'insidieusement elle peut devenir vecteur de maladie. L'eau est une caractéristique naturelle susceptible de nous submerger. L'eau en tant que richesse peut devenir un bien pour lequel chacun va se battre pour l'acquérir.

Les guerres qui touchent la population civile

Le Darfour est en guerre depuis 2007 et même si cette actualité s'est petit à petit dissipée pour laisser la place à des événements plus récent, elle n'en reste pas moins quotidienne.


25/01/2010

[Médito] Cosmopolites


Parcourir le monde pour aller à la rencontre des peuples et de leur culture est depuis toujours un objectif poursuivi par les hommes. Et plus encore à l'heure de la mondialisation. Le temps des trajets se réduisent et les réseaux s'accélèrent. La dimension internationale n'est plus une contrainte, une peur mais mieux la solution à l'échange et aux initiatives collectives.

"Penser global, agir local" reprend le militant. Cette expression exprime au plus juste le monde contemporain. Notre regard est tourné vers l'ensemble de la planète comme jamais. Les nouvelles technologies tout comme les moyens de transport rendent à notre portée les quatre coins de la planète.
Pourtant, en dépit de ce désir de découverte, l'homme se créé lui-même des barrières marquant des frontières parfois symboliques autour de lui.

S'il apparaît pour chacun que dépasser les frontières - qu'elles soient géographique, culturelle, psychologique, sociale est une clé du vivre ensemble.

Créer une citoyenneté européenne qui s'illustre par des actes concrets devrait être un objectif de l'Union. C'est à travers le sentiment d'appartenance qu'un peuple se reconnaît à l'échelle d'un territoire. 

18/01/2010

SOS Darfour !, actualité Débats : Le Point

La santé, les catastrophes naturelles et la guerre constituent trois facteurs qui rendent l'homme vulnérable. D'autant qu'il est pus ou moins facile d'agir sur l'ensemble de ces variables en fonction de l'environnement, de la culture et du niveau de développement des pays. La catastrophe en HAïti, aussi tragique soit-e...lle, ne doit pas faire oublier le drame qui se joue depuis 3 ans maintenant au Darfour. Et qui mérite tout autant la mobilisation des puissances internationales. Souhaitons qu'il n'y ait ni comparaison, encore moins de surrecenchères entre ces causes qui nécessitent la solidarité nationale.

SOS Darfour !, actualité Débats : Le Point

16/11/2009

Le mur mûr

Placé comme un symbole ou construit en dur, composé par notre imaginaire ou fait de sable, le mur se présente dans nos vies comme un obstacle tantôt protecteur, tantôt asservissant. D’ailleurs suivant les circonstances dans lesquelles il apparaît, le mur prend un sens polysémique jusqu’à l’antipode. Symbole de la liberté retrouvée, le mur peut également apparaître comme un barrage à l’accomplissement de la vie humaine.

N’en déplaisent aux maçons et aux architectes, la construction d’un mur n’est pas toujours l’aboutissement d’un projet pertinent bien que mûrement réfléchi. A plus forte raison, lorsqu’il a pour principal but de séparer des communautés humaines. Dans ce cas, le mur signe la marque d’un échec en ces sens où il démontre l’impossibilité à vivre ensemble. Lot commun de toute société. Ce triste projet est par ailleurs un acte fort parce que au-delà de marquer la séparation entre des individus aux pratiques visiblement distinctes, la simple idée du mur formalise dans la durée l’absence de contact entre les peuples séparés. Autrement dit, par ce biais on considère d’emblée qu’il ne sera pas possible de revenir en arrière. C’est un moindre mal diront certains afin d’éviter les conflits sanglants. Mais chacun en conviendra : c’est une forme d’abandon. En effet, on décide d’ériger un mur en dernier recourt pour tourner le dos à ceux que l’on considère comme des adversaires.
Néanmoins, fixer des limites est parfois nécessaire pour permettre les conditions de réalisation de la liberté. Chacun connaît l’article de loi qui précise que la liberté de l’un s’arrête ou commence celle de l’autre. Le rempart entre les existences peut garantir dans la majeure partie des cas le respect de l’intimité de chacun. Et offrir, par la propriété individuelle, un espace propice à son expression. Même si, comme l’affirme PROUDON : « la propriété, c’es le vol » glorifiant, à l’inverse, le bien commun comme un idéal.
Quant à l’adolescent épris du désir de liberté « faire le mur » prend dans son existence un tout autre sens. Cela lui permet d’expérimenter par ses propres moyens les risques dont ses parents veulent le protéger.
Autre nuance, et pas des moindres, le mur peut tristement servir la barbarie. Comme nous le rappelle Jean-Paul SARTRE dans le mur justement, ce sombre édifice sert de support à la lapidation lorsqu’il fait face au peloton d’exécution.
Mais pour finir sur une pierre qui roule optimiste, il est étonnant de s’apercevoir que dernièrement le mur a pris une signification inédite. Il inaugure la page de Facebook sur laquelle chacun peut laisser son message personnalisé. A la manière que ce que fût le mur du préau dans la cour de réaction ou encore l’écorce de l’arbre.
Le mur, en fonctions de son utilisation peut garantir l’expression de la liberté individuelle autant qu’il peut l’entraver. Alors que nous célébrons avec force et enchantement la chute du mur de Berlin il y a tout juste 20 ans, de nombreux murs sont malheureusement toujours érigés aujourd’hui dans le monde. Ouest-France en publiait d’ailleurs la carte le jour de la date anniversaire. Au-delà d’offrir la réunification entre le bloc de l’ouest et de l’Est, la chute du mur s’est illustrée dans l’Histoire comme un symbole de liberté et de non-résignation. Bref un message d’espoir qui doit encore nous animer à notre époque. Les images remplies d’émotions de deux peuples asservis qui se retrouvent enfin ont fait le tour du monde en faisant l’unanimité. Néanmoins, il reste à constater le nombre de murs qui persistent à ce jour dans nos têtes ou en dehors.

06/04/2007

[Regard] L'horloge du monde


Si le temps est effectivement un invariant dans nos vies au gré desquelless il s'écoule sans que rien ne perturbe son cours, le rapport que chaque culture entretient avec lui est différent. Un écart qui peut s'avérer une source d'inégalité dans la course mondialisé.


Déjà, la marche du monde est composée de différentes dimensions qui ont un rapport inégal au temps. Une des premières inégalités est caractérisé par une contrainte temporelle. Les transactions financières ou les modalités de mise en œuvre d’une démocratie, par exemple, ne présentent pas le même processus temporel. Pour l’un, chaque seconde compte et il importe d’en rentabiliser la totalité. Alors que pour l’autre, même s’il est tout aussi nécessaire d’optimiser son cours, le fait de « prendre le temps » est une condition rendue vitale dans son exercice. Dans le domaine de la géopolitique on observe ainsi avec quelle peine les Etats-Unis depuis plus de trois ans tentent d’instaurer les conditions d’une gouvernance démocratique en Irak en vain. Alors que dans le même temps, le même Pays a pu conclure une infinie quantité de marchés financiers.C’est aujourd’hui un fait, que l’on réussisse à le maîtriser ou pas, le rapport au temps est un élément primordial de la gestion de l’activité humaine.Pourtant notre impatience nous presse à vouloir que le progrès profite à chacun au même instant. En réalité, tout le monde est conscient que ce désir est un vœu pieux. Mais chacun se prête à croire à sa réalisation imminente. En effet, pour que cela se vérifie, il faudrait freiner certains tout en poussant les autres. Et c’est là que le bât blesse.A l’échelle internationale, chaque région du monde avance à son rythme, en fonction des ressources et du contexte qu’elle connaît. On observe alors une inégale avancée entre les peuples. Mais l’entraide fait que les régions les plus en avant constituent le moteur des autres. Cette démarche devient alors un projet.L’entrée dans l’Union européenne par exemple, nécessite de répondre à des critères qui obligent certains états à améliorer leur condition de gouvernance afin de souscrire à une adhésion.A ce stade, peut-on encore réguler la marche du monde ? Est-ce d’ailleurs profitable à tous ? C’est la problématique à laquelle se heurte l’ensemble des organisations mondiales dans les domaines du commerce, de la santé (OMC, OMS…)Néanmoins, un dilemme demeure imperturbablement face à ces inégalités. Sur le plan mondial, on dispose de suffisamment de richesse afin de répondre aux besoins de tous. Malheureusement l’inégale répartition de ces ressources fait que, paradoxalement, celles-ci ne se trouvent pas là où se concentrent les populations.Or les richesses, lorsqu’elles sont le fruit d’un contexte politique ou la ressource d’un environnement, peuvent difficilement s’expatrier. On subit d’ailleurs trop souvent ce phénomène tragique sans pouvoir le maîtriser lors de délocalisation.Une solution reste somme toute à privilégier : les flux de populations et par conséquent l’immigration. En un mot, il appartient aux états de faciliter les échanges humains, en tant que base du progrès.