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03/11/2014

DOSSIER l Les solidarités, l'échange au service d'autrui

Ho Chi Minh, 2012


Introduction | Socio-actif

Et si la solidarité débutait par l'écoute bienveillante vis à vis de soi comme d'autrui ? Une écoute de l'autre qui permet de comprendre ce qu'il est, ce qu'il attend et ce à quoi il aspire à devenir. C'est le plus sûr moyen de l'aider au plus près de ses besoins. Une écoute également de soi afin d'évaluer ce que l'on est capable de faire sans toutefois projeter sur l'autre ses propres désirs. C'est le moyen le plus sincère pour agir dans la juste mesure. Pour qu'il soit juste, tout acte de solidarité ne justifie en aucun cas de renoncement de la part de son auteur. Bien au contraire l'élan de solidarité réunit pour ne pas dire combine deux aspirations : celle de celui qui donne autant que celle de celui qui reçoit.


[Dans tout acte réside un enjeu de réciprocité, 
 que les solidarités mettent en oeuvre à travers l'écoute bienveillante]

Quoi que nous voulions en penser, nous sommes tous des êtres socio-actif qui se construisons à travers l'activité humaine. C'est un fait et non une théorie. Il n'y a pas une mais des solidarités. C'est pourquoi, afin d'éviter es amalgames, au terme "solidarité" il est préférable d'utiliser son pluriel "Les solidarités" car il est moins enfermant et définit mieux ses caractéristiques. Les solidarités sont en effet multiples. Elles peuvent être familiale, intergénérationnelle, culturelle, ponctuelle ou durable. Tout acte porte en lui une dynamique de solidarité.

Toute fragilité passagère est une force durable

Chacun porte en lui une fragilité ponctuelle ou permanente qui lui apporte une force après l'épreuve à travers le phénomène bien connu de résilience. Par conséquent, non seulement une difficulté passagère n'épargne personne mais peut se retourner positivement. 

Il faut donc cesser de considérer une démarche solidaire comme un nivellement par le bas de la société. Tout acte solidaire participe au développement. Une politique de la solidarité peut aussi être innovante. A l'image de Agir ensemble

Toutefois, de l'insertion à l'émancipation des individus, la politique de solidarité nécessite que son bénéficiaire participe activement à la démarche. L'insertion est une base indispensable à dévElopper.

Au sommaire de ce dossier, retrouvez :

[Expertise] Prévenir l'exclusion
[Lectures] Fragilités (Livre de Jean-Claude CARRIERE)
[Live] Buena vista social club
[Initiative] Un centre social
[Voyage] Ensemble agissons en Inde (site officiel de l'association)

02/10/2014

[Débat] Comment la finance peut-elle se révéler solidaire ?

Nous désirons toujours ce que nous n'avons pas. En ce sens, le désir qui habite notre condition constitue notre plus grand moteur. Et l'économie n'est la propriété de personne.

La finance n'est pas que spéculation abstraite dénuée de toutes réalités visibles. La main invisible du marché peut remplir une fonction sociétale tout en conservant une part lucrative.


La finance solidaire repose sur une épargne placée sur des produits financiers solidaires. L’épargne sert des porteurs de projets développant des activités à forte utilité sociale et environnementale. Elle permet ainsi la création d'emplois, de logements sociaux, de projets environnementaux (agriculture biologique, commerce équitable...) et le développement d'activités économiques dans les pays en voie de développement.
Afin de profiter pleinement de notre capital, n'est-il pas grand temps de continuer à désirer ce que nous possédons ?

19/12/2013

[Expertise] Habiter

Habiter une ville, c'est vivre au rythme de celle-ci au gré de son climat, de ses événements ou encore de son architecture. Autant de paramètres qui influent sur la vie quotidienne de ses résidents à la confluence de la vie privée et de leur relation entre eux. Et qui forment le cadre de vie du rapport de soi-même à l'autre. C'est pourquoi Architecture moderne ne signifie pas employer de nouveaux matériaux sans maturité, ce qu'il faut c'est ennoblir le matériau dans un sens humaniste déclare l'architecte finlandais Alvar AALTO.


Au-delà des apparences, habiter ne se borne pas à occuper un bout de terrain quelque part au hasard de sa destinée. Cela consiste à marquer son appartenance - pour ne pas dire son empreinte - sur un territoire en exerçant un "droit du sol" selon l'expression juridique qui accorde la nationalité d'un pays à celui qui y naît. Et ce sans se soucier de ses origines géographiques ou culturelles.
Si "Se loger, c'est commencer d'être", autant dire que chacun des habitants d'une ville projette sur celle-ci une part non négligeable de lui-même, de ses aspirations et de ses peurs. Et que par conséquent nombre d'habitant attend que la ville évolue à son image.

Le parcours résidentiel

Au cours de sa vie, la typologie des logements qu'un individu va investir plus ou moins durablement illustre son parcours résidentiel et sans doute un repère dans son itinéraire. Le plus classique suit les étapes de la location jusqu'à l'accès à la propriété. L'accédant ne devient réellement titulaire du bien immobilier qu'une fois libéré du remboursement de son prêt. 
Pour tout un chacun, le logement constitue une part importante de son identité. Autant que son budget aussi car se loger constitue le premier poste de charge pour les ménages dans le budget familial. C'est pourquoi, il importe que l'habitat soit multiple à travers une typologie de logements qui puisse offrir des solutions adaptées tout en favorisant une mixité sociale. Rien n'est plus révélateur des mentalités d'un pays que son attitude à l'égard du logement, décrypte Jacques ATTALI et d'ajouter : plus le logement est cher à acheter ou à louer et plus les salaires doivent être élevés, ce qui favorise une baisse de la compétitivité économique.

Un confort durable

J'ai l'impression que la vie comporte de nombreuses situations, dans lesquelles l'organisation est trop brutale ; l'architecte a pour tâche de conférer à la vie une structure sensible propose Alvar AALTO dans ses plans.
La précarité énergétique représente également un enjeu non négligeable pour lequel l'isolation des logements constitue la pierre angulaire. 
Enfin, le confort passe également par l'encouragement des habitants à participer à la vie de leur espace public. Valoriser l'image que les habitants portent sur eux-mêmes en agissant sur leur habitat est un objectif en lui-même. Une politique du logement qui favorise l'intégration passe par le développement social, lui-même concomitant de l'aménagement partagé du territoire.

La maîtrise de l'urbanisme


Indissociable de celle de l'aménagement de l'espace, la question logement appelle un accès à la ville à l'offre des services, de l'emploi, à la mobilité et à la sociabilité. L'essentiel du pouvoir d'urbaniser étant dévolue à la municipalité, une action de proximité en lien direct avec les enjeux du bassin de vie est possible. Celle-ci s'illustre par un triple défi. La préservation de l'espace naturel passe nécessairement par l'évitement de l'étalement urbain au profit d'une densification du périmètre existant ; un coût du foncier qui rende accessible l'achat de terrain ; une offre suffisante de logements pour créer une concurrence efficace. 

Pour conclure habiter une territoire pourrait se définir ainsi : Habiter, c'est non seulement vivre mais également faire vivre son territoire.


Retrouvez sur le même thème :
A House is not a Home : Réflexion sur la dimension du "chez soi"
Habitats du Vietnam : Présentation de l'habitat vietnamien
Bienvenue chez soi : Conférence sur l'habitat partagé intergénérationnel

10/02/2013

[Expertise] Bien commun

On parle volontiers du vivre ensemble comme d'un principe consensuel. Parler du bien commun d'une société c'est s'entendre sur ce qui nous appartient à tous. C'est évoquer du même coup les fondamentaux d'une société et par conséquent, pour chacun, les priorités à défendre. 


Le bien commun est une notion floue. C'est une idée qui porte sur des éléments matériels et immatériels. Ainsi les juristes classent dans le bien commun les choses res nullius (ou res communis), qui sont les choses n'appartenant à personne (ou appartenant à l'intérêt général) d'une part, et dont la valeur (notamment morale) justifie une protection (éducation, environnement,...) d'autre part. Dans cette deuxième partie, l'approche juridique recoupe l'approche philosophique selon laquelle le bien commun se définit comme le moyen par lequel chacun peut acquérir la connaissance.

Est-ce l'ensemble de intérêts particuliers ?

Le bien commun représente un intérêt supérieur à la somme des intérêts de chacun, il touche à la civilisation elle-même. Ainsi parle-t-on de patrimoine de l'humanité. 

28/02/2011

Un centre social ?


Qui, au détour d'une rue dans la ville, ne s'est jamais retrouvé nez à nez avec un panneau indiquant un "centre social". La plupart du temps, on n'y prête guère attention considérant que ce type de service ne nous concerne pas.


Un Centre Social est agréé par la Caisse d’Allocation Familiale (CAF) : cet agrément est soumis à conditions. Les équipes des centres sociaux doivent élaborer un projet prenant en compte les particularités du territoire. Le projet social s’intègre dans une politique globale d’action sociale.

Les fondements qui précisent la raison d’être d’un centre social ou les 4 missions d’un centre social sont :

Un équipement de quartier à vocation sociale globale : ouverture à l’ensemble de la population habitant à proximité, accueil, animation, activités et services à la population

Un équipement à vocation familiale et pluri-générationnelle : lieu de rencontres et d’échanges intergénérationnels, développement des liens familiaux et sociaux.

Un lieu d’animation sociale : prise en compte de la demande sociale et des initiatives, développement de la vie associative

Un lieu d’interventions sociales concertées et novatrice, basé sur le développement du partenariat.


Du fait de sa localisation, de son histoire et de la pluralité des acteurs qui y intervient ou le fréquente le Centre Social est un équipement stratégique sur le territoire. Il est à la fois relais de multiples services à vocation sociale et porteur d’initiatives collectives laissant chaque fois une large place à la parole des habitants.

Au titre de la Mairie par exemple, qui demeure la plupart du temps propriétaire des murs, l’équipement de quartier est un espace de proximité au sein duquel sont inscrites différentes permanences qui accueillent un public souvent commun. La volonté des élus municipaux vise à répondre ainsi à l’ensemble des problématiques des habitants Les professionnels se côtoient et engagent des échanges à partir de situations le plus souvent individuelles. Néanmoins, peu d’initiatives d’animation collective conjointe entre les travailleurs sociaux ne voient le jour. A l’exception peut-être des sorties familiales en lien avec la CAF qui représentent un partenariat à étendre. Cela est sans doute dû en partie à la différence de culture entre les travailleurs sociaux (éducateur, assistantes sociales…) et le cadre d’intervention complémentaires des animateurs.

En ce qui concerne la fonction assurée par les intervenants, le Centre Social assure un rôle de relais, d’accueil des publics, de travail partenarial… bref un outil ressource.


Pour ce qui est de la CAF, le Centre Social est avant tout un projet labellisé par un agrément qui se présente comme un fil conducteur à partir duquel sera assurée une évaluation. Le projet ainsi conventionné constitue par conséquent la base de toute action. Pour l’équipe qui y est rattachée, le projet social est un premier outil à ne pas négliger. Cependant, ce n’est pas le seul et surtout, il ne faut pas s’y limiter. Il faut être capable de tisser d’autres partenariats complémentaires.

Tout comme la participation des habitants, si chère au centre social, ne veut pas dire que les professionnels naviguent à vue sans se projeter à travers une vision prospective. A chacun son rythme, l’important est d’avancer ensemble.

En effet, dans le secteur de l’animation globale d’une manière générale et plus particulièrement dans le champ du développement social, toute initiative est le fruit de nombreuses collaborations visibles ou plus discrètes qui participent à une dynamique d’ensemble. On désigne le plus souvent cette dynamique à travers la notion de « développement social territorial ».

07/02/2011

La question sociale

Le social en question, c'est l'interrogation que l'on peut se poser avec l'épée de Damoclès qui pèse sur les Conseil Généraux.
Les élections cantonales approchent à grands pas. C'est l'occasion de découvrir plus avant son action. Si la collectivité oeuvre dans de nombreux domaines tels que le tourisme, les collèges... Et plus spécifiquement dans l'action sociale.

« On a trop oublié que l'économie est une science morale inséparable de la question sociale » ainsi s’exprime Denis CLERC dans son ouvrage La France des travailleurs pauvres. La question sociale aussi complexe car multiple soit elle ne peut en ces temps difficile être mise de côté. L’urgence sociale des situations vécues par de nombreuses personnes nous fait face à tous élus, associatifs ou acteurs impliqués de près ou de loin dans une initiative altruiste. A l’heure du développement durable, l’urgence sociale doit être mise en parallèle de l’urgence écologique sans concurrence, de manière complémentaire mais surtout sans effet de manche. Mais qui peut quoi dans cette affaire ? En premier lieu, il semble important de replacer la question sociale dans son contexte.
La question sociale, en dehors de son objet d’étude nous touche tous quotidiennement et en tant que citoyen nous concerne au premier chef. Trop souvent elle est reléguer en aval du développement économique ou pis comme optionnelle. Elle est pourtant inhérente à la vie humaine et qui la laisse de côté l’a voit nécessairement réapparaître sous une forme ou sous une autre.
La question sociale couvre un vaste champ d’intervention multiples que l’on désigne souvent par la lutte contre les inégalités. Pour y faire face, la politique sociale vise à créer des dispositifs de soutien et d’accompagnement en direction des plus vulnérables. Si elle nécessite la plupart du temps des dispositifs spécifiques qui répondent à des problématiques ciblées, l’élaboration d’une politique sociale appelle un regard global.

1) Débat : le Conseil Général a-t-il un avenir ?
2) L'expérimentation en politique
3) L'insertion
4) Les services à la personne
5) Un centre social ?

29/11/2010

La santé et le social


Dans le cadre de la réorganisation des ministères il est, parmi d’autres, un point à noter face aux défis qui attendent l’action publique. C’est celui de la création d’un ministère des solidarités et de la cohésion sociale. C’est certainement un très bon outil pour combattre l’exclusion. De plus le vocable « solidarités » s’ouvre sur l’ensemble de la population et évite les stigmatisations. Il faut je crois s’en féliciter car c’est, pour le moment, un message fort.


Néanmoins, et là il s’agit d’une réelle erreur, celui de la santé n’est pas à la hauteur.


Parce qu’elle est vitale, la santé est une dimension essentielle de l’existence. Chacun fait en sorte au quotidien de prendre soin de lui. A tel point que la santé, n’est ce pas le premier vœu que l’on se souhaite, suivant la tradition, au commencement d’une nouvelle année. Et quand on voit ce que sont prêts à faire bon nombre de gens pour vivre toujours plus vieux, il est étonnant d’observer les dimensions parfois extrêmes que les soins peuvent prendre.

La santé c’est la troisième marche après le logement et l’éducation dans le processus d’insertion sociale. Et malheureusement la santé arrive aujourd’hui en cinquième position parmi les postes de charges du budget des ménages comme l’évoque un récent sondage de la CLCV. Non pas que les gens soient moins malades. Mais fautes de revenus suffisant il font passer cette dépense après le reste. C’est pourquoi, face aux risques grandissants d’exclusion sociale, la santé doit être affichée comme un des axes forts de la politique d’un gouvernement et comme partie intégrante de la solidarité. Bien sûr par le biais des Agences Régionales de Santé, cette thématique de l’action publique est à ce jour territorialisée. Néanmoins, il serait bon qu’elle bénéficie également d’un affichage national car c’est avant tout une compétence d’Etat.

C’est aussi pour cette raison que la santé est un enjeu majeur des politiques publiques. Car l’Etat se doit de garantir la protection de ses citoyens et ne peut déroger à ce principe non seulement républicain mais constitutionnel.


Mais de la manière dont la santé est définie dans ce nouveau pôle ministériel, aux côtés du travail et de l’emploi, c’est certainement réduire son champ d’intervention et par conséquent ne lui laisser qu’une place connexe certes mais trop spécifique. La santé c’est plus que cela c’est la prévention dans son acception la plus large. Bref doit-on le rappeler ici, c’est un des piliers de la protection sociale.

12/11/2010

Prévenir l'exclusion, une priorité de chaque instant

[INTERVIEW] "La crise a fait basculer dans la pauvreté des gens qui ne devraient pas y être" - Société - Nouvelobs.com C'est ce qu'affirme dans un rapport sur la situation de la pauvreté le Secours Catholique. C'est, plus localement, ce que chacun de nous peut observer autour de lui. Soit parce que son entourage se trouve directement concerné par ce problème. Soit par la simple observation de phénomènes sociaux tel que l'augmentation deu nombre de personnes qui font la manche ou encore la diversité des personnes qui s'adonnent à ce type de survie.
Nous sommes confrontés à une problématique grandissante qui met en péril l'équilibre de la cohésion sociale d'une part et disons-le tout de go la vie tout court. C'est risque c'est celui de l'exclusion massive. Face à la paupérisation croissante des situations sociales, prévenir l'exclusion est devenu la priorité non seulement des travailleurs sociaux et surtout de la société toute entière. Le fait de tomber dans l'exclusion est dramatique car avec la perte de répères qui l'accompagne, le chemin pour s'en remettre est extrêment long et complexe. Car l'exclusion sociale diffère de l'exclusion d'un joueur de football de son terrain de jeu. Le sportif exclu de son espace de jeu se ressource auprès de son entourage dans son espace de vie. L'exclu social quant à lui s'en trouve complètement dépourvu et trouve refuge dans des centre d'accueil d'urgence.
L'exclusion, c'est plus largement ce que nous favorisons chaque fois que l'on stigmatise une catégorie de la population au profit d'une autre. A l'inverse, l'insertion c'est permettre une place pour chacun, chacun à sa place pourrait-on dire.
La perte d’emploi, la maladie, la solitude… il y a autant de raison de perdre pieds. Et le chemin pour retrouver une vie « normale » est parfois long et fait d’étapes successives. Plus que cela l’apparition de « travailleur pauvre » montre qu’aujourd’hui l’emploi ne garantie plus la protection minimum de l’individu. L’obtention d’un emploi n’est plus la condition d’un équilibre social. Cela oblige aussi à repenser le processus d’insertion dans le travail social où chaque pallier correspondrait à une étape du processus de l’intégration. En ce sens l'insertion n'est plus une problématique spécifique d'intervention mais elle est beaucoup plus large et rejoint nombre de problématiques complexes dans l'environnement de la personne.

Délicat et passionnant le travail d’insertion n’en est pas moins complexe pour le travailleur social car il rassemble des tas de paramètres et nécessite le plus souvent une intervention au cas par cas. Les problématiques vécues par les personnes sont singulières car elles sont liées à leur histoire de vie.
Si l’accompagnement vers l’insertion diffère en fonction des individus, il existe une base minimum qui constitue dirons-nous le socle indispensable d’une existence sereine. Le logement, la formation, la santé et les mobilités en représentent les 4 piliers.
En cette période de remaniement gouvernemental, même partiel, la piorité doit être faite sur la question sociale et notamment autour du défi de l'insertion. Puisse ce défi figurer en caractère gras sur la feuille de route du nouveau gouvernement.

18/10/2010

Des hauts et débats


Il est certaines dates du calendrier que l'on aimerait voir disparaître. C'est le cas de la journée nationale du refus de la misère. Chaque année le 17 octobre rassemble tous les acteurs bénévoles et professionnels qui oeuvrent au service des plus vulnérables. Car si l'activité humaine ne doit pas être nivelée par le bas, il faut partir de la base pour accompagner chacun vers le haut.

Pour une conscience éclairée au quotidien, l’éthique doit prendre sa place au cœur de notre sociétéParce qu’il est trop facile de vivre une année entière sans se soucier des plus vulnérables d’entre nous et de ne s’attarder que de temps à autre sur la misère au fil des éclairages évènementiels, je plaide pour un regard lucide sur notre quotidien à tous. car c’est dans ce quotidien que se mesure la souffrance trop souvent hémophile. et lorsqu’on daigne enfin se pencher un temps soit peu sur une situation de misère, le mal et déjà là et persiste une fois que l’on est reparti. de ce fait, on ne porte pas une attention suffisamment régulière sur une réalité qui dure toutefois. même si cela paraît être une répétition, il me semble important de le rappeler : la misère survie à notre regard.Tant de fois, nous sommes tentés de fuir des yeux cette réalité qui ne nous renvoie pas l’image idéale nécessaire à notre suffisance. mais n’est ce pas une force malgré tout de faire de cette volonté une force ? ne devient-on pas homme en apprenant à petit pas, à ne plus recourir systématiquement au refuge que représente le rêve pour tant d’enfants ? je ne dis pas qu’il faut perdre toute part d’illusion. cette douce folie doit nous permettre de croire qu’il est encore possible d’éradiquer la misère. mais apprenons plutôt à la maîtriser, à en faire un allier solide pour la lutte contre l’exclusion.Seul un dialogue incessant peut soutenir la lutte contre l’exclusion afin que l’action s’inscrive dans un processus continue et ne soit pas uniquement le seul fait d’une prise de conscience ponctuelle en fonction des campagnes de sensibilisation. car malheureusement dans ce cas, le combat n’a pas d’effet durable.C’est pourquoi il me semble important de lutter au quotidien par des actes pratiques qui, même s’ils paraissent anodins sur le moment, participent à la construction d’une éthique collective.Et pour enfin dépasser une bonne fois pour tout, l’a priori trop souvent répandu à différents niveaux de notre société :tenir compte de la misère au quotidien, ce n’est pas appréhender notre société selon un nivellement par le bas mais oser affronter la réalité afin de renforcer notre volonté collective pour mieux la combattre ensemble.

06/05/2010

[Débat] A quoi sert le temps libre ?

Notre quotidien est ponctué entre autres choses par les activités professionnelles, familiales et autres contraintes. A quoi sert le temps libre ?

11/04/2010

La famille, acteur de la solidarité


La famille, en ce sens qu’elle constitue le cercle premier de socialisation de l’enfant en devenir est la grande oubliée des politiques publiques. Pis, un émiettement des moyens s’observe ainsi qu’une culpabilisation des parents. En témoigne, cette hypothèse incessante de vouloir supprimer les allocations aux parents dont les enfants ne respectent pas le cadre légal à l’école ou en dehors. La famille se présente à la fois comme le premier acteur de l'éducation et le dernier rempart de la cohésion sociale.

En période de crise sociétale, la structure familiale apparaît comme une source de repères indispensable. Ce socle de valeurs pour l’individu doit par conséquent être préservée et renforcée afin de garantir l’ultime rempart de l’isolement et les déséquilibres sociaux. En effet, dans le processus de socialisation, la famille constitue une dimension importante de la construction identitaire. C’est en son sein que se manifestent les solidarités premières : « les solidarités familiales ». D’ailleurs, juridiquement, les parents sont dans l’obligation de subvenir aux besoins affectif et matériel non seulement jusqu’à la majorité de leur enfant mais au-delà, jusqu’à ce qu’il ai pris son autonomie.
Ils sont responsables des actes de leur enfant et c’est sur cet aspect juridique que le gouvernement s’appuie pour les pénaliser lorsqu'il joue avec cette idée de supprimer les allocations aux parents dont les enfants sèchent l'école.

Bien entendu, lorsque j’évoque le terme famille, il est à entendre dans son sens sociologique et à travers une acceptation moderne de sa structure. Loin de moi l’idée de réveiller un malheureusement célèbre slogan en trois mots d’un autre âge.

En outre dans toute méthode d’éducation le principe de la sanction n’est une solution durable que dans la mesure où celui-ci a un sens. Et ce pour les deux parties. Le geste éducatif doit par conséquent être accompagné d’une aide pour ne rester à l’état de culpabilisation. Le gouvernement aurait aujourd’hui bien tort de se positionner de manière autoritaire face à des parents en difficultés. Cette mesure, si elle était réellement mise en place constituerait un explosif au sein de la structure familial. Privé d’une allocation la famille au complet en subirait les conséquences.

Sans suppléer la fonction parentale, l’action de l’Etat doit s’inscrire dans le soutien et l’accompagnement. D’une part le soutien de l’enfant dans son apprentissage de l’autonomie et d’autre l’accompagnement des parents dans leur rôle quand ils apparaissent le plus souvent dépassés.

Afin de s’attaquer concrètement au problème de l’absentéisme scolaire, une proposition avait été avancée à l’automne dernier des rangs même du gouvernement. Il s'agissait de proposer au sein des classes le financement d'un projets tel qu'un voyage scolaire sous réserve que les élèves collectivement respectati au cours de l'année, le règlement scolaire. Cette idée de cagnotte avait fait grand bruit en mobilisant l’hostilité des pédagogues. Dans son incomplétude, cette mesure avait au moins le mérite de mettre les élèves face à leurs responsabilités d’une part et de proposer un outil concret pour l’enseignant.

Dans une interview donné à l’Express, Jean-Pierre RAFFARIN livrait il y a peu ses inquiétudes quant à l’évolution des familles.
Une priorité me paraît être l’éducation, surtout d’éducation familiale. On doit soutenir la famille sous toutes ses formes dans un rôle éducatif. Beaucoup de parents sont désemparés face à leurs adolescents. La société ne réussit plus à fixer des repères pour les jeunes générations. J’ai été étonné par l’absence du mot famille lors de la campagne des régionales.

Quand on voit s’amenuiser les financements qu’apportaient la CAF aux actions portant sur la parentalité, il y de quoi s’inquiéter en effet.

01/03/2010

[Initiaitve] La force de l'engagement


Humanitaire : « Ensemble, agissons » s'envole pour l'Inde c'est le titre que donne le journal LE PROGRES à propos de l'association dont 4 des membres se sont rendus en Inde dans le cadre de leur projet. Ils étaient de retour ce week end. Même si l'expérience de cette organisation pour en connaître les raisons est singulière, comme eux des milliers de bénévoles s'engagent dans des causes similaires chaque année. D'ailleurs la France compte 11 millions de bénévoles tous domaines confondus.

Quelle peut être la raison d'un tel engagement ?

En fonction des goûts mais également de l'expérience personnelle de chacun, l'engagement est motivé par des raisons multiples. On retrouve néanmoins quelques constantes. Voici trois raisons sans exclusives mais pourquoi pas complémentaires qui justifient l'engouement véritable et sincère d'une part grandissante de la population.

La première semble être celle de la prise de conscience.
L'engagement dans ce type de cas naît de la confrontation avec le réel plus que que dans la séduction par une idéologie quelconque. Car cette expérience créé à n'en pas douter un choc d'une part au regard de la situation des victimes et dans un second temps lorsque l'observateur s'imagine à leurs places. Il s'agit véritablement d'une prise de conscience. Cependant, ce type d'engagment n'est pas dénué d'idéal car il faut malgré tout que les acteurs se projettent dans une forme d'utopie pour cultiver leur motivation. La leur et celle de ceux qu'ils invitent à les accompagner dans leur aventure collective. Le séisme survenu en Haïti est une nouvelle secousse qui fait battre le coeur de l'humanité. Tout d'abord à travers la compassion qu'il fait naître chez l'ensemble des citoyens et d'autre part par la solidarité internationale qui s'engage dans tous les pays même les plus éloignés. Loin des yeux peut-être mais pas loin du coeur. Car aucun peuple n'est à l'abris d'une tragédie qui au delà peut prendre d'autre formes. C'est à n'en pas douter ce qui fait naître chez chacun d'entre nous l'empathie et la volonté d'aider.
"La croix-rouge naquit de la vision hallucinante d'un champ de bataille jonché, au matin du 24 juin 1859, de milliers de morts sans sépulture et de blessés subissant d'atroces souffrances". C' ainsi que décrit Henri DUNANT fondateur du même mouvement la scène qui lui a donné la volonté d'agir. Ajourd’hui, après la catastrophe naturelle et ses conséquences humaines survenues sur la côte ouest de la France, la compassion est unanime dans et même au-delà du pays. Personne ne peut rester indifférent face à ce drame.

Prendre part à l'action.

Ainsi, pour chacun d’une part le niveau d’intervention et d’autre part sa forme vont revêtir des modes différents. Il y a ceux qui font un don financier et ceux qui s’impliquent physiquement par un don de soi. C’est là que naît l’engagement bénévole.
A la différence d'autres formes d'intervention l'engagement bénévole s'appuie sur la libre adhésion. "Le bénévolat est avant tout l'expression d'une liberté" déclare Edith ARNOULT-BRILL.
Mais dans les propos de Daniel, le Président d'"ensemble agissons" une autre dimension tout aussi importante transparaît : la simplicité. Motivé par un engagement personnel, l'acteur associatif agit spontanément et les contraintes n'apparaissent plus comme des obstacles insurmontables tant la volonté d'oeuvrer pour la cause est devenu primordial.

La recherche de sens.

L'homme n'est pas fait pour vivre seul s'accordent à dire tous les acteurs sociaux. Et plus que cela, agir en direction de l'autre revient à donner du sens à l'individu auquel l'argent ne donne pas entière satisfaction. C’est d’ailleurs le constat que porte l’association en question : Parce que le monde dans lequel nous vivons a besoin de sens. La recherche de sens est donc un aspect de plus en plus visible. Il suffit de voir le nombre d’étudiants comme professionnels qui s’engagent dans cette voie. D’ailleurs, clin d’œil à l’association lyonnaise, c’est dans cette même ville que se situe l’école « Bioforce » qui forme depuis 30 ans des logisticiens, des administrateurs, des coordinateurs de projets, des spécialistes d’assainissement de l’eau.

Afin de vivre un peu de cette aventure, je vous encourage à lire sans plus attendre le récit enthousiasment de Daniel à son retour d'Inde et plus largement le contenu intégral de son blog en cliquant sur le lien suivant "ensemble agissons"

Bravo à Daniel, à son entourage et à son équipe.

Humanitaire : « Ensemble, agissons » s'envole pour l'Inde

01/12/2009

Une entrée solidaire dans l'hiver

C'est une tradition française. on aime ponctuer l'année de quelque rituels. Comme il y a la rentrée scolaire en septembre, la période de fin de l'année civile cette fois est marquée du sceau de la solidarité. Le téléthon en est un des évènements fondateurs, mais pas seulement.A cette période de l'année, l'entrée dans l'hiver s'annonce à grands pas. La fraîcheur s'est installée et le jour s'est assombri en même temps qu'il s'est raccourci. Les fêtes de fin d'année se profilent à l'horizon. Bref, une fin d'année comme tant d'autres. Et pour rester fidèle à ce rituel la porte de l'hiver est marquée par l'évènement du téléthon. Dans toutes les communes, les initiatives se perpétuent marquant d'un pas décisif l'élan de solidarité nationale.
Comme tous les ans associations se préparent à envoyer les demandes de dons à leurs mécènes. C'est aussi l'époque où les banques alimentaires et les centre d'hébergement d'urgence ouvrent leurs portes afin d'apporter douceur et refuge durant la froide saison. Naïvement, on pourrait presque les comparer au père noël tant leur action est généreuse et si utile aux nécessiteux.
Si chaque année l'entrée dans l'hiver est ponctuée par queqlues temps forts de la solidarité nationale, cette année, s'il en était besoin, cette habitude se voit pimentée par les propos polémiques de Pierre BERGE qui mettent en cause l'utilisation des dons gagnés à l'occasion du téléthon. Une fois n'est pas coutume dirons-nous. D'autant qu'il a repris depuis dans la presse ses propos en souhaitant un succès à la manifestation en faveur de la recherche myopathique.
De plus cette année la période de crise apporte deux préjudices. D'une part elle a fait s'accroître le nombre de bénéficiaires et malheureusement de la même manière elle risque d'impacter sur la générosité des donateurs. Surtout quand on sait que ce sont proportionnelement les plus modestes qui donnent.
C'est par ailleurs l'occasion de s'interroger sur la générosité. Qu'est-ce qui motive cette générosité ?
Dans le cas qui nous concerne, la générolsité revêt deux formes intrinsèquement liées : d'abord l'engagement des bénévoles et ensuite la participation financière des mécènes. Ces deux formes sont indissociables et bien que correspondant à deux approches différentes, elles témoignent d'une sensibilité identitque à la cause défendue.
Lors d'une conférence de André COMTE-SPONVILLE à laquelle j'ai assisté il y a peu de temps, le philosophe précisait une distinction entre générosité et solidarité. En substance, il indique
La solidarité humaine est un lien fraternel et une valeur sociale importante qui unissent le destin de tous les hommes les uns aux autres. En ce sens elle doit être différenciée de l'altruisme qui conduit quantà lui l'acte de générosité du don. Le moteur de la générosité est la souffrance que l'on éprouve à voir l'autre dans le besoin alors que nous mêmes vivons sans autres raisons de ce paindre.
Si l'on s'attache à cette explication, alors Pierre BERGE dans ces propos n'a pas attaqué la générosité mais a voulu affirmé le besoin de solidarité entre les organismes qui défendent des causes distinctes certes mais tout autant honorables les unes que les autres.
A défaut d'être solitaire, l'entrée dans l'hiver se veut être solidaire.

24/09/2008

[Lectures] Le temps libre


A l'époque où nous nous sommes familiarisés avec les trente cinq heures, bien que leurs mise en place fasse toujours polémique, il n'est pas inutile de se remémorer les étapes successives qui ont abouti à ce progrès. D'aucuns appellent ce long combat, la conquête sociale des salariés. Si le front populaire est l'époque la plus emblématique, un personnage marque l'apparition d'une notion importante dans la vie sociale : le temps libre. Il s'agit de Léo Lagrange (1900-1940), sous-secrétaire d’État à l’organisation du sport et des loisirs dans le gouvernement Léon Blum.


Yann LASNIER est secrétaire général adjoint de la fédération qui porte le nom de Léo Lagrange et lui consacre un livre. Je l'ai rencontré cette année lors de son passage dans l’Ouest pour la présentation de son ouvrage en hommage à l’engagement politique de l'ancien avocat. Je viens de terminer la lecture de celui-ci. Il m’a intéressé grandement, tant sur la forme choisie que sur le fond, car je crois à l’impact et à la force des discours dans le cours de nos vies. Les textes destinés à être lu à haute voix portent souvent en eux une dimension pédagogique. Ils sont écrits avec l'encre de la conviction qui déclenche une forme d'enthousiasme chez l'auditeur.

Sur le fond, plusieurs raisons expliquent le plaisir que j’ai pris à parcourir les pages de « Léo Lagrange, l'artisan du temps libre ». Voici ce que j’en retiens.


La mémoire, témoin des origines : il n’est jamais inutile de se replonger dans l’histoire qui fonde le contexte que l'on vit. Cela permet, entre autre chose, de mesurer les efforts des générations qui nous précèdent et dont nous apprécions les résultats. C'est une manière de leur rendre hommage et de donner du sens à notre action. On peut ainsi imaginer que demain, d'autres, comme nous aujourd'hui, profiterons de ce que l'on contribue à leur apporter. En ce sens, cela doit conforter notre motivation.
A l’échelle de l’humanité, de nombreuses périodes ont marqué la construction et l’évolution de notre société contemporaine. Le monde tel qu'on le connaît aujourd'hui est, en quelque sorte, le miroir des combats d’avant-garde. Et après les Lumières et la Révolution Française, la période du Front Populaire demeure marquante. Nous portons trop souvent un regard sur l’Histoire à partir de notre situation présente, oubliant de se replacer dans le contexte de l’époque pour en comprendre les réactions. Cette maladresse biaise notre analyse et dépossède les combats de leurs valeurs essentielles. Le fait de remettre au goût du jour des écrits en les replaçant dans le contexte initial en conserve toute la fraîcheur. Et, comme tu l’indiques dans l'ouvrage, les arguments portés par Léo Lagrange n’ont pas perdu leur pertinence plus d’un demi siècle plus tard. Cela traduit à la fois le côté visionnaire de l'homme mais malheureusement aussi l'urgent besoin de justice sociale.


Les valeurs, socle de l’engagement : afficher des valeurs, revient parfois à se cacher d'un débat auquel on se refuse. Citoyenneté, lien social, justice...on a tellement entendu tous ces termes qui tourbillonnent dans les discours que l'on en a perdu le sens. Les valeurs sont pourtant constitutives de notre vie en société et appellent au respect et à la tolérance. C'est pourquoi, mettre en avant la dimension humaine et s’en servir comme une balise dans la nuit noire qui s’abat par moment sur l’existence est indispensable.
Dans les discours qu'ils prononcent, Léo Lagrange, ne se laisse pas séduire par l'emphase et les superlatifs. Il transmet de l'émotion, certes, mais sans perdre de vue la réalité quotidienne de ceux dont il parle. Il vit son combat et porte lui-même son fardeau.

Savoir écouter ses émotions sans pour autant s’en faire prisonnier lorsque vient le moment de défendre l’intérêt général en proposant un texte de loi n'est pas chose aisé. Il faut sans doute bien se connaître soi-même avant de se faire porte parole d'un bien être collectif. Là encore, se dessine dans le discours une autorité morale qui offre la confiance.

Au fil des discours, on découvre immanquablement un engagement fondé sur la solidarité envers autrui. Loin du sentiment de pitié c'est à travers une posture éthique que Léo Lagrange nous invite à comprendre le drame des personnes vulnérables. Là encore, un respect s'impose.


La méthode, précieux outil pour l’action : de sa formation d’avocat, Léo Lagrange aura gardé le raisonnement et l’éloquence pour les mettre au service d’une cause. Il n’y a pas un seul texte ou l’on ressent le parfum d'une révolte stérile. Bien au contraire, chaque fois la recherche d'une vérité l’anime. Au fil de ses interventions, il parvient à construire une opposition crédible car mesuré. Même ses plus furieux opposants ne peuvent qu’admettre la justesse de ses analyses.

Pour garder le cap de son combat, le droit est un de ses plus fidèles alliés. Il reconnaît et maîtrise le cadre des institutions afin de faire avancer la justice.

C’est en s’inscrivant dans le système sans se limiter à le dénoncer abusivement avec passivité qu’il est parvenu à apporter des améliorations. Cette démarche fait de lui un acteur de progrès. Sans perdre la dimension utopique de son combat, il construit du compromis.
Enfin, pour chaque situation qu’il présente, Léo Lagrange est force de proposition. Il met sur la table des solutions réalistes afin que chacun dans l’hémicycle puisse se positionner concrètement sur des solutions. C’est également à travers cette démarche que se mesure le progrès.
La méthode est indispensable afin de mener une stratégie efficace. Comprendre le contexte, de s’inscrire là où se prennent les décisions afin de faire peser sur elles tout le poids de ses arguments. Et accéder ainsi à la liberté qui donne à l’homme les moyens de réaliser ses projets.


Mais au-delà de ces trois points, la rétrospective que l'auteur présente a conduit ma réflexion vers d’autres horizons.

A la lecture de l'ouvrage, le lecteur est en mesure de se représenter plus justement les multiples dimensions que revêt cette vague notion de « temps libre ». Je dois avouer qu’avant d’avoir cet éclairage, j’éprouvais quelques réticences à propos de cette dimension de l’animation. Tout d’abord parce qu’elle me semble un peu restrictive au regard du champ plus large du travail social. D’autre part parce qu’elle porte en elle un aspect loisirs fortement marqué. Enfin, parce qu’à travers un sentiment éloigné d’appartenance au milieu de l’animation socioculturelle, je revendique une réelle fonction de travail social. Et c’est vrai que lorsque l’on parle d’activités « socio-récréatives » on voit bien se dessiner une vague fonction de lien social sans aller plus loin. Pourtant, si l’on regarde autour de nous, le temps libre est aujourd’hui pour chacun un espace de ressources extraordinaire qu’il soit soumis ou choisi.


Au cours de ma brève expérience professionnelle, j’ai exercé des responsabilités tant administratives que techniques ou le rôle de l’animateur se trouvait très souvent à la confluence entre les fonctions d’insertions sociale et professionnelle ou encore médico-sociale sans que l’on soit véritablement en mesure d’identifier l’influence directe de l’animation socioculturelle, si ce n’est celui de médiateur.
Et au milieu de ce système complexe qu’est la société, l’animateur est d’abord un observateur de la réalité sociale. Trop souvent d’ailleurs, il se contente de cette étape, jugeant qu’il s’agit d’une forme d’action. C’est vrai, mais à mon sens insuffisant.
Il utilise pour ce faire un prisme particulier. C’est ce qu’on appelle couramment la « demande sociale ». D’ailleurs une des spécialités de l’animation, c’est justement de créer des espaces pour que les gens, à travers échanges et débats se forgent des avis sur le monde et assurent leur place dans celui-ci.

Voilà en quelques mots, les horizons que m’a ouvert ce livre. Je suis impatient d’en découvrir d’autres du même auteur. D'après ses confidences, il devrait traiter du thème du temps libre.