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14/07/2014

Edito des idées | Le territoire, refuge de nos vies

TERRITOIRE | N'importe quel lieu à l'échelle de la planète illustre les sentiments d'appartenance et d'attachement que l'homme lie depuis toujours avec le territoire sur lequel il mène ses activités. L'habitant réside, travaille, se distrait ou encore s'engage à travers un lien intime avec l'espace. Interdépendant, il marque une empreinte sur un patrimoine qui le façonne tout autant qu'il agit à son endroit. A tel point que celui-ci en devient le socle de son identité. 






"Le plus souvent entendu sous l'angle de l'urbanisme, l'aménagement du territoire impacte les dimensions environnementale, sociale et culturelle inhérentes au bassin de vie."

03/02/2014

DOSSIER | Le territoire, socle de l'identité sociale des individus


Apchon, CANTAL, Juin 2012

EDITORIAL | Refuge de nos vies 


Sans le socle que constitue le territoire, la vie de l'homme ne se caractérise-t-elle pas comme un puits sans fonds ? A la fois bassin de vie et espace de projets, le territoire cristallise l'existence de chacun de ses résidents. Au-delà du périmètre qu'il représente pour l'action, le territoire se caractérise encore par une multitude de paramètres qui forment le labyrinthe de l'itinéraire de nos vies. L'attachement au territoire marque ainsi l'adéquation entre l'homme et son milieu et les nécessaires intéractions qu'il faut engager pour administrer celui-ci. Ainsi, le territoire prend véritablement son sens, partir des activités que l'homme y mène. Il est le fruit de cette interactivité.

Terre d'origine ou d'adoption, paysage de relief ou plat pays, continent sauvage ou mer d'azur chacun d'entre nous possède son port d'attache. On a tous un coin de la planète où l'on aime se retrouver seul ou avec des proches. Qu'il s'agisse du lieu de notre enfance, symbolisant nos racines ou un endroit choisi pourvu qu'il nous ressource.
A titre d'exemple, pour le philosophe, la cité, territoire du débat et de la vie publique s'incarne sur tous les sols. Autrement dit, ce projet s'anime du coeur jusqu'au périphérique des villes ainsi qu'à l'endroit le plus reculé des campagnes. C'est plus largement l'ensemble de l'espace public où se côtoient les citoyens.

 [Dans l'interaction que l'homme nourrie avec le territoire, 
la moindre surface en jachère devient alors un monde à soi] 

En fonction des activités que chacun développe, le territoire peut se présenter comme un espace sans limite. Cela s'observe avec le numérique, territoire virtuel qui complète et valorise la vie réelle sans ne jamais se substituer à elle. Il faut une existence sociale portant des échanges de visu pour alimenter l'écran qui révèle ainsi les expériences. C'est ce qu'on appelle l'interaction. Sans quoi, l'écran ne devient qu'un miroir déformant. Et la carte n'est pas le territoire. Le regard que chacun porte sur le territoire où il vit est bien souvent l'empreinte de sa vie et forme une carte mentale bien différente de la matière brute que représente l'espace à construire.
C'est pourquoi, l'aménagement du territoire représente un enjeu stratégique qui impacte l'ensemble de activités humaines. Sans les cristalliser, il faut créer les conditions de leur co-habitation. Terreau du vivre ensemble, le territoire représente le bien commun dont non seulement la puissance publique mais l'ensemble des acteurs sont les garants.

Quels qu'ils soient, nos projets se confrontent toujours à la réalité du territoire. Si pour répondre à ses hôtes, le territoire du XXIe siècle doit organiser les conditions de son autosuffisance, il doit le faire à travers le regroupement intercommunal, en s'invitant dans la complémentarité des projets. Vu sous cet angle, le territoire se transforme de The place to be à The place to do. 




Au sommaire de ce dossier, retrouvez :


[Médito] Milieux
[Débat] Urbain / Rural
[Expertise] Bien commun

16/12/2013

[Expertise] Le citoyen et l'écosystème

A l'heure où le développement durable s'invite comme un impératif dans nos projets, l'écosystème est devenu le territoire des activités humaines. Juste mélange entre les "réseaux" que forme l'environnement social et la biodiversité que forme l'ensemble de nos gestes, l'acteur évolue dans un système qu'il lui importe de rendre vertueux. 


Le territoire est le ferment de l'action nous rappelle Hervé SERIEYX dans son ouvrage "Aux actes citoyens". C'est aujourd'hui le support de la démocratie locale dont on démontre tout l'intérêt à travers l'intervention de proximité. Cela pourrait apparaître contradictoire à l'heure où nous assistons à un mondialisation des échanges. Et pourtant non car, si les flux d'information, de prise de contact ou encore de transmission d'expériences sont continuent et à échelle planétaire, ceux-i prennent chaque fois appui sur des expériences locales. Tant pour celui qui valorise ce qu'il à produit sur son propre terrain, que celui en découvre l'opportunité pour l'adapter chez lui. La dimension territoriale es par conséquent omniprésente.

[Dans L'acteur et le système, le sociologue Michel CROZIER décryptait à merveille les rouages qui lient les tâchent humaines à la structure d'une société dans une interdépendance irréversible. Il importe aujourd'hui d'y adjoindre l'influence de la planète.]


Toute société se caractérise par un système organisé à l'intérieur duquel évoluent ses membres. Cela ne signifie pas pour autant que les individus n'évoluent que dans un système unique. A travers les multiples activités que l'homme déploie, la vie humaine admet plusieurs systèmes connexes. Le système que représente l'environnement naturel nous est commun à tous.

La prise en compte par l'homme de son environnement naturel l'élève vers le haut plutôt qu'il ne le contraint. En effet, le développement durable invite à adopter une vision prospective qui conjugue l'indispensable évolution en ne négligeant pas l'impact sur la nature. L'écologie ouvre à la prise en compte du bien-être où l'homme favorise ce qui est bon pour l'autre comme pour lui.

L'interaction de nos activités avec le territoire n'accepte pas la transposition "clés en main" de projets n'importe où. Pour implanter une action quelque part il importe, non seulement d'évaluer le réseau d'acteurs pour envisager les partenariats possibles mais également l'empreinte écologique pour réduire l'impact.

05/03/2013

[Médito] Milieux

Reconnaître la biodiversité, c’est porter un regard sur la richesse en considérant que c’est dans la pluralité, la multiplicité et la complexité aussi que se révèle la vie. La diversité n’est pas un vain mot et nous amène à ouvrir nos horizons, être à l’écoute de l’autre et dépasser les peurs qui nous freinent. C’est en tous points la pédagogie que déploient les acteurs de l’Education Populaire.


Protéger la biodiversité c’est une manière de préserver la faune et la flore qui forment l’espace naturel et c’est, plus que cela, un moyen de préserver la vie humaine tout court. Autrement dit de prendre de soin de soi et des autres dans un environnement qui nous est commun à tous. L’homme et la nature sont interdépendants au sein d’un « bassin de vie », éco-système à part entière. Comme le souligne Emmanuel KANT : «On ne peut comprendre l’homme si l’on ignore son milieu »
D’autant que l’image positive que l’on porte sur son environnement contribue à valoriser l’image que l’on a de soi-même. C’est pourquoi, les acteurs locaux (associatifs, collectivités et particuliers) oeuvrent à préserver l’espace naturel tant pour leur satisfaction personnelle à travers les valeurs qu’ils défendent que pour le bien public dans une visée d’intérêt général.

Tout projet éducatif qui s’inscrit sur un territoire repose de fait sur un « éco-système » en tant qu’ensemble formé par une association ou une communauté d’êtres vivants. 

Le territoire est une composante essentielle des projets d’animation. Il constitue à la fois un espace pour les projets, un lieu d’intervention et une opportunité par ses ressources (richesses naturelles…) De plus, l‘espace public se fait très souvent le décor des actions que l’on mène. Il s’agit d’une réalité indissociable de l’imaginaire.
Reconnaître l’environnement géographique comme un terrain d’animation, découvrir et s’approprier les espaces de vie sur la commune, valoriser le patrimoine naturel, bâti et culturel et, par conséquent, investir l’espace public comme un lieu d’animation « hors les murs » sont autant d’objectifs à suivre.

01/02/2013

[Débat] Urbain / rural

Ville versus campagne ? L'époque où les citadins passent une vie stressante la semaine en ville et se réfugient dans leur maison de campagne le week end serait-elle révolue ? Aujourd'hui nombreux sont ceux qui aspirent à vivre au vert durablement. Quitte même à prendre chaque jour leur voiture pour rejoindre leur travail en ville. Pourvu qu'ils retrouvent le soir le calme et la plénitude de leur espace vert. Paradoxe ou mode de vie moderne ?

A défaut de faire un choix définitif du décor dans lequel il veulent passer leur vie entière, les individus alternent leur installation en fonction des périodes de leur vie. Ainsi, l'étudiant évolue dans un ville en fonction du choix des ses études puis, s'installe sur un territoire par rapport à l'emploi qu'il trouve. En fondant une famille, les foyer s'installent plus volontiers à l'écart de grands pôles urbains où le terrain constructible est moins chère et le calme appréciable. Puis, les couples reviendront vers la ville pour leur vieux jours où ils trouvent des services à proximité.


Le milieu urbain représente souvent le bassin économique que les services agrémentent. C'est là le centre névralgique de la société, où se prennent les grandes décisions, que se négocient les contrats, que s'élaborent les projets. L'espace urbain constitue pour la société, le moteur des activités qu'il fait rayonner sur l'ensemble du territoire environnant. On y trouve bien souvent le siège des entreprises et se concentre une majorité de la populations active.


[La distinction entre "rats des villes" et "rats des champs" fait partie des lieux communs 
de notre patrimoine] 

Le secteur rural, quant à lui, incarne le calme, l'espace mais également une certaine entraide entre les habitants. Si la proximité géographique est moins importante du fait d'une densité moins forte de l'habitat celle du contact se manifeste plus volontiers. Ce type de territoire n'est pas en reste dans l'évolution de notre société car on dénombre quantité d'espaces ruraux qui savent s'adapter, innover et attirer les activités humaines. Ils procèdent pour cela en mettant en avant les atouts du cadre de vie, la situation géographique ou encore la qualité du gisement des matières premières.