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06/07/2015

DOSSIER | Traquer l'insolite dans nos vies











Editorial | Chroniques de l'insolite

Pour qu'une chose devienne intéressante, il suffit de la regarder longtemps disait Flaubert. C'est sans doute en adoptant cette attitude que j'aime profondément observer la vie sociale. Car si l'on porte un regard suffisamment insistant sur les situations de tous les jours, ces instants prennent alors une couleur différente et se révèlent à nous sous un angle inédit.


Il n'y a rien de pire que lorsque, à force de côtoyer les mêmes paysages chaque jour on finit par passer devant sans n'y porter plus la moindre attention. Parfois le simple fait d'un éclairage nouveau, de la présence d'une personne ou encore de notre humeur, ce paysage peut se révéler à travers sa singularité. N’avez-vous jamais fait cette expérience ? Lycéen, je me souviens qu'un de mes amis, photographe, avait réalisé une exposition photographique en proposant des clichés des recoins de l'établissement. Clichés qui n'en était justement pas. Car, si les endroits photographiés étaient des lieux que nous fréquentions à cette époque tous les jours pour ne pas dire plusieurs fois par jour, l'interprétation qu'il en proposait les rendaient méconnaissables et surtout leur donnait une nouvelle fraîcheur. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si un lien vers le site de cet ami figue sur ce blog. Aujourd'hui artiste à son compte il a su cultiver, travailler et affiner ce regard pour en faire un véritable instrument de travail dont l'appareil photo n'est que le support. Pour ma part, ce n'est pas tant les lieux et ses empreintes matérielles qui m'intéressent mais ceux qui les font vivre au jour le jour. Autrement dit, le bâtit ne prend jamais un sens aussi véritable que lorsqu'il est occupé par l'Homme. Surtout lorsque celui-ci ne l'utilise pas de la manière dont son concepteur l'avait envisagé. Car c'est là que se révèle le vrai visage de l'humanité en y proposant une interprétation personnelle. Mais c'est aussi à cet instant que l'utilité et la fonctionnalité de tels espaces se justifient. De cette manière, l'imagination et la créativité ne viennent pas que de l'architecte qui a conçu les éléments mais également de l'usager qui se l'approprie et l'adapte à ses besoins. Si j'osai cette comparaison un peu trivial, je citerai l'exemple des grottes et cavernes que l'Homme au temps de son origine peignait de son regard sur le monde. A ce titre, l'espace public est un terrain fertile où s'expriment les identités sociales. Que ce soit dans le hall d'une gare, dans un bus, sur une place ou un parking, chaque jour des situations originales ont lieu. Ou plutôt singulières car l'originalité de ces situations provient de ce que l'on éprouve après les avoir relatées, sorties de leur contexte. Il me plaît d'y observer les situations les plus cocasses qui s'y jouent et de les immortaliser dans des chroniques que je qualifierai de "insolites". Sans quoi elles passeraient inaperçues. .Mais il me semble qu'une autre particularité ressort de mes chroniques. Et ce particularisme rejoint le débat contemporain dans le sens où il tord le coup à une angoisse. Certains pensent que les gens ne se parlent plus, qu'il n'existerait plus aucun contact entre les individus. C'est parfois vrai que dans les abris bus, les personnes qui attendent leur transport sont pour le moins statiques et sans vois pour ne pas dire sans expression. J'ai déjà eu l'occasion d'évoquer dans une chronique le visage blême et sans sourire des certaines personnes dans la rue le matin. Je pense que l'interaction entre les individus existe mais elle prend des formes nouvelles correspondant à la personnalité de chacun. Ainsi, s'il n'y existe pas de dialogue entre deux personnes qui passent par les mots d'une conversation, un automobiliste qui laisse passer un piéton, une jeune personne qui se lève pour laisser sa place à une personne plus âgée dans le bus sont des actes dont je suis le témoin chaque jour. Et dans ces chroniques, ce sont ces actes que je tenterai plus particulièrement de révéler et de mettre en avant. Autrement dit les situations de la vie quotidienne où se noue l'échange entre les individus.Car, qu'il soit furtif ou posé, éphémère ou régulier, synthétique ou inspiré, l'échange est omniprésent dans nos vies. Et même si le plus souvent, on ne prend pas le temps d'y mettre les formes, il s'immisce de lui-même improvisant des médias originaux. Françoise DOLTO n'affirmait-elle pas que tout est langage ?

Dans cette rubrique : Chroniques de l'insolite, il s’agit d’un parti pris car je considère qu’au-delà de nos faits et gestes habituels, la vie est source d’étonnement ou l’homme tient une place de créateur faisant appel à son imagination. C’est une pratique qui consiste à témoigner de la vie quotidienne sans s’y laisser piéger. Ainsi, je me préserve des habitudes derrière lesquelles on fait disparaître la singularité de l’existence.



06/04/2015

Dossier | Les saisons, calendrier de l'éphémère

Editorial | Ephéméride 

Le cours d’une année est constitué d’une multitude d’étapes successives qui se renouvellent inexorablement. Il en est certaines que l’on appréhende et d’autres au contraire, qu’on appelle de nos vœux. Le mois de septembre incarne la rentrée. C’est une étape ambiguë car elle correspond à la fois à une attente pour ce qu’elle suscite comme nouveauté et un regret car elle ferme la porte des vacances. Septembre résonne dans nos oreilles sans que l’on puisse en décrire précisément le sentiment. Un mélange de nostalgie et d’impatience. Pour beaucoup d’entre nous ce mois-ci est celui de la rentrée.Un de plus important symbole se caractérise par le cartable accompagné d’une panoplie d’outillage : crayons, cahiers, livres ou autres fournitures dont les supermarchés regorgent depuis des semaines déjà. Même si jusqu’ici on avait réussit à passer à côté, maintenant, ce douloureux moment s’est déclaré officiellement. Il est sur toutes les lèvres, dans toutes les discussion, comme une odeur d’automne qui se répand dans les rues. La rentrée peut être vue sous l’angle professionnel, alors symbolisée par la réouverture des usines qui avaient stoppées leur activité durant le mois d’août. Bref, la communauté des travailleurs va reprendre le chemin de leur activité quotidienne. Etudiants, retraité, chercheur d’emploi, tous ceux qui manient avec plaisir ou par nécessité leur agenda avec adresse. En outre, la rentrée c’est également la période où l’on reprend une activité associative, sportive ou ludique. Il n’y a qu’à voir le nombre de forum des associations qui se répartit le calendrier du mois de septembre. Il n’est pas une commune ou de canton qui résiste en France à ce temps fort de la vie locale. C’est à la fois la célébration du temps libre et l’explosion du marché du loisirs. Il y en a pour tous les goûts : musique, théâtre, danse, gymnastique… Certains reprennent avec la plus grande impatience l’activité qu’ils pratiquent depuis plusieurs saisons déjà, tandis que d’autres sautent le pas de la découverte. Mais pour certains, c’est également, le temps des cours particuliers et la préparation du rattrapage après un premier échec aux examens de juin. Moins folklorique mais indispensable pour débuter sereinement le premier semestre de l’année scolaire. Sur les ondes de radio, à la télé, dans la presse c’est également la rentrée. Celle de nos émissions favorites. Vont-elles reprendre ? Avec un nouveau présentateur ? Une formule plus populaire ? Quelle innovation va-t-on nous proposer ?En effet, la grille des programmes est un repère pour celui qui suit l’actualité, quelle qu’elle soit : people, internationale, politique, sportive…Combien d’édito du mois de septembre vont traiter de ce phénomène ? La rentrée est un phénomène insatiable par sa dimension culturelle mais pour autant singulier. Quelque soit le contexte que l’on vit, le mois de septembre est une période où l’on doit chercher de nouveaux repères et nécessairement s’adapter. Si le changement d’année civile marque un passage administratif avec une influence psychologique sur les esprits – je me souviens encore la première fois où j’ai indiqué 2000 sur ma copie lors d’un devoir surveillé, la période charnière du mois de septembre est un véritable tremplin dans l’existence.

02/03/2015

DOSSIER | Culture, apprendre à vivre ensemble pour faire société



Editorial | Racines de l'existence

Faire l'expérience de la vie humaine, c'est considérer un même monde avec tant de singularités. S'il n'y a pas de races, il existe des racines qui constituent pour chacun, les fondements de son être. Autrement dit, sa culture. La culture c'est un patrimoine commun qui permet à chacun d'être reconnu. C'est également la manifestation des traces d'un passé dans lequel chacun inscrit son propre devenir. De l'universel au particulier, du local au global, la société poursuit son oeuvre et peut s'observer sous différentes approches : anthropologique, ethnologique, économique, psychologique, géographique... dans le registre des sciences humaines.
Faire société, tel est l'objectif que se fixent la plupart des groupes d'individus  qui forment les corps intermédiaires tels que les associations qui mènent une action d'intérêt publique. Car même si nous vivons sans nul doute les uns à côté des autres, le délitement est un risque qui nous menace.





[En devenant acteurs de leur citoyenneté à l'échelle de leur bassin de vie, les individus s'intègrent de manières constructive et durable.]






En sa qualité de science de la société, la sociologie étudie une matière en perpétuelle mouvement. De rupture en recomposition, la société évolue constamment. D'ailleurs, les sciences humaines dans leur ensemble apportent des clés de lecture complémentaires pour éclairer les relations entre l'individu, le groupe et la société, leur phénomène d'appartenance.

Sciences humaines ou sciences sociales ?

Quelles différences fait-on entre fait, phénomène et situation à caractère social ? Pour qu'il soit social, tout fait  se caractérise par quatre propriétés : collectifs, stables, extérieurs et contraignant aux individus.
Le phénomène social quant à lui s'exrprime comme le résultat de causes et la situation s'illustre à travers l'adéquation et l'interaction entres ces éléments.

Au sommaire de ce dossier, retrouvez :

[Médito] Goût
[Débat] Préférence ?
[Expresso] Faire société
[Lectures] Temps libre
[Regard] Goût des autres


02/02/2015

DOSSIER | La spiritualité, expression de la vie intérieure


Editorial | Corps et esprit

La religion est-elle un fait social comme un autre ? Au commencement de toute religion, il y a l'idée que l'on se fait de la mort. Une question qui nous angoisse autant qu'elle nous intrigue. Un sujet qui nous questionne et qui nous invite à un libre interprétation. 


[L'idéal que propose la religion est moins celui de la liberté qu'un principe de vérité]



Et si pour redonner corps à une action publique parfois dépourvue de sens, il fallait cultiver l'esprit ?

[F-X.H]

Au sommaire de ce dossier, retrouvez :

[Médito] Rituel
[Débat] Vie privée versus vie publique
[Expertise] Le monde des religions
[Expresso] 
[Lectures] Petit traité de vie intérieure (Livre de Frédéric LENOIR)
[Live] Et si en plus y a personne
[Portrait] Bouddha
[Regard] La laïcité, philosophie de la République (Publié par F-X.H sur Angers Mag)
[Voyage] Pagode

12/01/2015

DOSSIER | Le bien-être, un équilibre social


Hoï Han, Vietnam, 2012

Introduction | Valeur ajoutée


Prendre soin est la nouvelle injonction de notre époque. Mais de qui ? De soi-même comme des autres afin de créer une relation interpersonnelle vertueuse. Et qui correspond à un besoin plus qu'à une seule aspiration philosophique. Car cet élan vient de l'intérieur de chacun sans être dicté par la norme médiatique. C'est autant un phénomène de mode que la résonance entre la pratique du développement personnel qui se démocratise et le besoin pour chaque individu de revenir à l'écoute de lui-même.

Définit par l'Organisation Mondiale de la Santé comme un état de complet bien-être social, physique et psychologique, la santé repose avant toute chose comme un équilibre. Un état qui varie en fonction du contexte, de l'environnement, de l'âge ou encore du patrimoine génétique. Une situation qui présente une inégalité de chacun. Et dont le système de santé publique nationale cherche à corriger les différents à travers une prise en charge collective. De la santé individuelle à la santé collective, la politique publique intervient pour répondre aux besoins et garantie des principes communs à l'échelle de la société.

[Le bien-être est un état qui concilie désir d'émancipation et réalisation de soi 
en un dessein porteur d'une satisfaction durable.]

Tout au long de la vie, l'individu ne cesse de se construire non de manière linéaire mais par étapes qui associent échecs et réussites, difficultés et opportunités, frustration et accomplissement. C'est la raison qui explique l'équilibre dont nous sommes pour partis les acteurs. Ainsi, L'enfance,apporte le socle de l'éveil à la socialisation ; L'adolescence, du déclic à l'itinéraire ; La parentalité, la responsabilité éducative
Le temps de l'expérience et l'émancipation ; Le maintien des fonctions cognitives avec le vieillissement

Quel que soit l'âge de la vie, l'état de bien-être est un sentiment qui réunit apaisement et plaisir. L'enfance représente le temps de la construction de soi ; l'adolescence, celui de la construction identitaire tous deux tournés vers l'apprentissage de l'autonomie, socle indispensable de l'individu adulte dont l'expérience se poursuit par une transmission avant le dernier voyage.


[Médito] Ici et maintenant
[Débat] Entre bien-être social et santé
[Expertise] Santé, un bien public
[Expresso] Le Cac 40 tiré par le secteur de la santé

[Initiative] Rendez-vous avec soi
[Lectures] L'abondance frugale, Jean-Baptiste DE FOUCAULT
[Live] Institut Petite Enfance Boris CYRULNIK

[Portrait] La personne, la famille, la société
[Regard] L'artisan et le philosophe
[Voyage] 

05/01/2015

DOSSIER | La mémoire, traces du passé pour envisager l'avenir


Editorial | Carte mémoire

"Devoir de mémoire", "droit d'inventaire"... autant d'expressions qui nous rappelle la nécessité de nous reporter sur notre passé pour inventer l'avenir. Pour éviter de reproduire les mêmes erreur sans aucun doute mais également pour planter le décors de notre dessein et permettre une meilleure adhésion de tous. Car l'Histoire offre les meilleurs repères qui soient dans l'échelle graduée de nox existences. Et la mémoire est l'écrin qui la conserve.

Qu'elle soit individuelle ou collective, la mémoire est une condition essentielle de l'identité humaine. La mémoire est un devoir que l'on se fixe pour conserver l'apprentissage issue de l'expérience. Mieux, elle constitue un repère pour appréhender le présent. En ce sens la mémoire est une plante vivace.
Chaque nouvelle  période qui s'ouvre voit resurgir des amalgames. C'est pourquoi il est plus que jamais important de bien saisir notre passé.

[La marche du monde joue un partition entre commémoration du passé 
et anticipation de l'avenir]

L'espace et le temps constituent les deux grandes caractéristiques d'un monde qui avance vers l'infini. L'Histoire et la Géographie nous invitent à découvrir ces deux itinéraires de la compréhension du monde. L'histoire est un cycle temporel. La géographie un mouvement perpétuel.


DOSSIER | La gastronomie, le plaisir est sur la table



Editorial | A table !






[Médito] Goût
[Débat] 
[Expertise] 
[Expresso] 
[Lectures] 
[Live] 
[Portrait] 
[Regard] Papilles
[Voyage] 

01/12/2014

DOSSIER | La famille, repère entre l'individu et la société



Editorial | Tous parents

Qui n'a jamais entendu cette réflexion


[Si la question de la parenté occupe un vaste espace du débat contemporain, celle de la parentalité n'est pas suffisamment mise en avant]













[Regard]  La famille, principal soutien financier des jeunes


03/11/2014

DOSSIER l Les solidarités, l'échange au service d'autrui

Ho Chi Minh, 2012


Introduction | Socio-actif

Et si la solidarité débutait par l'écoute bienveillante vis à vis de soi comme d'autrui ? Une écoute de l'autre qui permet de comprendre ce qu'il est, ce qu'il attend et ce à quoi il aspire à devenir. C'est le plus sûr moyen de l'aider au plus près de ses besoins. Une écoute également de soi afin d'évaluer ce que l'on est capable de faire sans toutefois projeter sur l'autre ses propres désirs. C'est le moyen le plus sincère pour agir dans la juste mesure. Pour qu'il soit juste, tout acte de solidarité ne justifie en aucun cas de renoncement de la part de son auteur. Bien au contraire l'élan de solidarité réunit pour ne pas dire combine deux aspirations : celle de celui qui donne autant que celle de celui qui reçoit.


[Dans tout acte réside un enjeu de réciprocité, 
 que les solidarités mettent en oeuvre à travers l'écoute bienveillante]

Quoi que nous voulions en penser, nous sommes tous des êtres socio-actif qui se construisons à travers l'activité humaine. C'est un fait et non une théorie. Il n'y a pas une mais des solidarités. C'est pourquoi, afin d'éviter es amalgames, au terme "solidarité" il est préférable d'utiliser son pluriel "Les solidarités" car il est moins enfermant et définit mieux ses caractéristiques. Les solidarités sont en effet multiples. Elles peuvent être familiale, intergénérationnelle, culturelle, ponctuelle ou durable. Tout acte porte en lui une dynamique de solidarité.

Toute fragilité passagère est une force durable

Chacun porte en lui une fragilité ponctuelle ou permanente qui lui apporte une force après l'épreuve à travers le phénomène bien connu de résilience. Par conséquent, non seulement une difficulté passagère n'épargne personne mais peut se retourner positivement. 

Il faut donc cesser de considérer une démarche solidaire comme un nivellement par le bas de la société. Tout acte solidaire participe au développement. Une politique de la solidarité peut aussi être innovante. A l'image de Agir ensemble

Toutefois, de l'insertion à l'émancipation des individus, la politique de solidarité nécessite que son bénéficiaire participe activement à la démarche. L'insertion est une base indispensable à dévElopper.

Au sommaire de ce dossier, retrouvez :

[Expertise] Prévenir l'exclusion
[Lectures] Fragilités (Livre de Jean-Claude CARRIERE)
[Live] Buena vista social club
[Initiative] Un centre social
[Voyage] Ensemble agissons en Inde (site officiel de l'association)

06/10/2014

DOSSIER | Economie circulaire, de la création au développement des richesses



Introduction | Libres échanges

Toutes les activités humaines peuvent-elles s'illustrer sous l'angle économique ? Omniprésente dans nos activités les plus diverses, l'économie est devenu le maître-mot de la marche du monde. A telle enseigne qu'il faut inévitablement traduire économiquement les bénéfices d'une activité pour qu'elle soit non seulement mesurable mais utile. La macro-économie pour la société, la micro pour les initiatives locales.

[Le système économique produire, répartir et dépenser se révèle circulaire
 lorsqu'il intègre le recyclage dans son mouvement]

Dynamique de la société toute entière, l'économie se décline en direction de l'intelligence, de l'information et même des idées. Elle ne possède en réalité qu'un seul moteur : l'activité humaine. De là relève tout le reste. Et se structure à partir de l'entreprise aussi bien individuelle que collective - d'ordre matériel ou intellectuel - qui créée des biens ou des services en rapport à une demande sociale, environnementale, culturelle. Et constitue à ce titre une richesse. La possession autant que le bien-être. L'avoir aussi bien que l'être participent au cercle de l'économie.
Le processus de l'action économique réunit des étapes complémentaires en un triptyque solidaire. Au commencement de toute économie se trouve la production, qui exige un effort, un travail et sollicite une véritable volonté. Ensuite vienne la répartition et la dépense.
Produire, c'est se procurer des biens ou des services que la nature ne met pas spontanément à notre disposition. Répartir, le deuxième temps de l'action économique se présente comme la récompense du travail préalablement fourni. Les répartitions du PIB et des revenus en constituent les fruits principaux. Dépenser est la fois le troisième temps et l'autre moteur de l'économie. Pour faire simple, à cette étape de l'action économique, les consommateurs consomment, les administrations administrent des services non-marchands tandis que les entreprises accumulent. Autrement dit, arbitrairement, les deux modalités de ce processus sont la consommation et l'épargne.

L'entreprise est une initiative sociétale

Aussi, l'acte d'entreprendre correspond autant à une attente personnelle qu'à un besoin de la société toute entière. Mais l'économie ne fait pas tout. Elle est certes un des moteurs mais pas le seul ressort. Traduire une activité sous l'angle économique donne un ordre d'idées, mais ne révèle pas le sens. Où sont les sens productif certes factuel mais pas unique. Que pèse l'économie du bien-être tant prisé en ce 21e siècle ?


Au sommaire de ce dossier, retrouvez :


[Expertise] Créativité
[Regard] La finance stoïque
[Voyage] Chine




08/09/2014

DOSSIER | L'éducation, exercice de toute une vie


Prague, déc 2011

Introduction | Matière première

En quoi une société de l'intelligence serait-elle une société qui réfléchit dans le but de construire son avenir ? Entre éveiller, instruire et former une personne pour qu'ensuite celle qui a reçu ce patrimoine vienne à son tour transmettre à d'autres ce qu'elle a appris, le parcours éducatif dure toute une vie. Et constitue de ce fait un enjeu énorme pour toute société. Il s'agit d'assurer la transmission de la culture, de l'histoire ou encore des valeurs ancestrales. Dans n'importe quelle société moderne, cette transmission passe par les trois dynamiques du savoir, du savoir-faire et du savoir-être. L'enseignement transmets le savoir, la formation permet l'apprentissage des savoir-faires et la participation citoyenne garantit le savoir-être. Partout où elle se déploie, l'éducation est donc une chance à cultiver. Et plus encore, l'action éducative nécessite de développer une société où les citoyens disposent des conditions nécessaires à l'apprentissage de la connaissance.
Dans le contexte de pertes de repères que nous connaissons actuellement, l'éducation est une question brûlante de l'actualité que l'on ne met pas suffisamment sur le devant de la scène médiatique. L'éducation est un enjeu de société dont l'objet ne se réduit ni au salles de classe, ni au foyer familial, non plus à l'action politique. L'éducation concerne la vie sociale toute entière et sans doute est aujourd'hui l'affaire de tous. Néanmoins, à chacun son rôle et sa place.
Qu'elle soit spécialisée ou plus traditionnelle, l'éducation est un bien nécessaire pour le développement d'une société. Eduquer, affirme Hannah ARENDT, c'est élever les murs du privé autour d'un enfant pour le protéger du dehors. La philosophe précise dans son ouvrage : "Condition de l'homme moderne" qu'il faut en effet différencier le domaine public dont la réponse est politique du domaine privé où intervient la famille.


[La famille est le premier rempart de la cohésion sociale d'une société. Pour autant il faut tout un village pour éduquer un enfant selon un adage bien connu. C'est pourquoi l'éducation est un enjeu sociétal et l'affaire de tous. Ainsi, si l'acte éducatif favorise l'attachement de l'élève à des valeurs, il débute par le détachement du précepteur]


Tout acte éducatif s'équilibre entre sensibiliser et transmettre

L'éducation passe par un acte qui prolonge le discours. L'acte éducatif s'appuie sur des valeurs, des principes et des savoirs. Sans oublier l'indispensable sensibilisation qui joue un rôle moteur de l'apprentissage. Si l'éducation est une dimension collective elle se manifeste également sous une forme plus personnelle. Ainsi, l'éducation est un exercice qui se pratique au quotidien et concerne autant les autres que soi. Elle est affaire de volonté et se présente comme un paravent contre la fausse route qu'offre à certains égards le simplisme. C'est pourquoi s'éduquer nécessite parfois de se faire violence pour mieux correspondre à l'idéal que l'on s'est fixé. Ainsi, l'éducation se conjugue à tous les âges de la vie et on n'y met jamais véritablement un point final. Ni au sortir de l'adolescence lorsque l'on se sent libéré de la contrainte parentale. Pas plus que lorsque l'on clôt le dernier chapitre de notre scolarité. En ce sens l'éducation est continue et le souci de se former n'a pas d'échéance. C'est alors que l'on parle de formation tout au long de la vie.
F-X.H

Au sommaire de ce dossier de rentrée, retrouvez :

[Médito] Curiosité
[Débat] Eduquer et instruire
[Expresso] Temps de l'enfant
[Expertise] Bouleverser l'école Par Jacques ATTALI
[Lecture] L'éducation, un trésor est caché dedans (Rapport de l'UNESCO)
[Live]  Réussir autrement avec les MFR
[Initiative] Enseigner la vie
[Portrait] La ville éducative
[Regard] L'acte éducatif, empreinte existentialiste
[Voyage] L'éducation à travers le monde : ensemble agissons


04/08/2014

DOSSIER | La mondialisation, une société à grande échelle


Lisbonne, mai 2013

Introduction | Société-monde

Adulée par les uns et diabolisée par les autres, force est de constater que la mondialisation poursuit imperturbablement son oeuvre à l'échelle de la planète. Et si elle produit de l'exclusion, elle n’est rien d’autre que le miroir des inégalités omniprésentes dans chaque coin du monde. Et malgré ses nombreux atouts en terme de mutualisation d’expériences, la globalisation ne parvient pas à enrayer ces malencontreuses réalités. Elle devient alors un triste bouc émissaire.

Emmenés dans l'ère de la mondialisation, nous vivons dans une société-monde où le moindre battement d'aile d'un papillon dans un coin de la planète éveille à l'autre bout un élan de générosité. Ceci marque l'existence d'une réelle solidarité internationale. Cependant, grand paradoxe, les gouvernants des pays ne parviennent pas quant à eux à s'accorder pour définir communément des objectifs à l'échelle internationale.


[En dépit des fuseaux horaires, nous vivons tous à l'heure de la mondialisation]

Afin d'agir plus efficacement sur les problématiques de la planète, les gouvernants de grandes puissances ont pris pour habitude de se réunir sous la forme de grandes réunions, et de créer des organes de régulation sur les principaux thèmes internationaux. C'est ainsi que sont nées l'Organisation Mondiale du Commerce ou encore celle de la Santé. Ces structures témoignent d'une prise en compte pragmatique des situations d'urgence et assurent un suivi durable. Mais malheureusement cet engagement n'atteint pas un niveau suffisant. Dans de nombreux cas les décisions prises n'atteignent que difficilement le compromis minimum et tant bien que mal tentent de les faire appliquer auprès de collègues pour le moins circonspects. La mondialisation s'illustre ainsi par un processus qui entraîne toute l'humanité dans son sillon dans un mouvement où chacun est tantôt maître du jeu tantôt perdant. Est-il possible aujourd'hui de rebattre les cartes d'un jeu dont le plateau s'étend à l'échelle mondiale ?

[F-X.H]

Au sommaire de ce dossier, retrouvez :

[Médito] Cosmopolites
[Débat] Démondialiser : solution radicale ou finale ?
[Expertise] La "somalisation" du monde
[Expresso] La Chine s'expose
[Initiative]Monsieur Mondialisation
[Lectures] Le monde selon Camus
[Live] Géopolitique en 2013 (Par Jacques ATTALI)
[Regard] L'horloge du monde
[Voyage]Les 3 itinéraires d'Erik ORSENNA

30/06/2014

DOSSIER | Le voyage, s'évader pour mieux revenir



Editorial | Evasion intérieure


Il existe des caractéristiques conventionnelles au voyage qui s'illustrent par la destination, le temps du séjour ou encore les préparatifs de celui-ci.  Et une méthode aussi. Tous les guides vous le diront, qu'ils soient physique, numérique ou de papier... sans mysticisme, il faut se laisser happer par l'ambiance, la culture, la vie quotidienne des régions que l'on traverse pour goûter la saveur d'un voyage. Les cinéastes Woody ALLEN  dans Vicky Christina Barcelona ou encore Cédric KLAPISH dans l'Auberge Espagnole, ont très bien décrite la méthode.  Il faut accepter de se laisser perdre dans les rues d'une ville afin de découvrir les charmes qu'elle arbore. Des charmes parfois tout en rondeur lorsque le relief se présente à nos yeux à l'image de Prague ou de Lyon.

[La vie est un voyage où l'existence se révèle hors des sentiers battus.]

Tout voyage se distingue également par une sa singularité qui fait de lui une expérience inédite mais lorsque celui-ci se renouvelle. Présent à l'esprit durant toutes les étapes de sa préparation et au-delà du retour à travers les souvenirs qu'il aura fait exister, le voyage est une traversée qui ne se limite pas au seul du temps de départ. Il fait naître une histoire qui stimule l'expérience de chacun.
Aussi lointaine que soit la destination de son voyage, le temps d'un séjour, aussi court soit-il, ramène à soi. Qu'on le veuille ou non le dépaysement se veut introspectif. Un voyage rayonne dans l'espace intérieur au gré des découvertes. Comme si l'inédit des situations vécues éveillait une partie enfouie de soi. En ce sens, l'évasion n'est pas une fuite mais le retour à soi-même. Ni retour en arrière, pas plus que projection dans l'avenir. L'évasion, c'est l'espace d'un instant reprendre son souffle. Et pour ce faire, se tenir en suspension. Et pour cela, il existe différentes manières de s'évader. Physiquement ou encore par la pensée. Se souvenir d'un séjour en se repassant à l'esprit des paysages, des rencontres ou d'autres anecdotes fait partie intégrante de l'itinéraire d'un voyage. Car chaque périple laisse des empreintes dans nos vies et jalonne ainsi nos parcours.  Le voyage bien entendu mais toutes autres sortes de distractions qui nous permettent de se libérer l'esprit.


Au sommaire de ce dossier, retrouvez :

[Médito] Pérégrinations
[Débat] Quelles destinations pour les vacances ?
[Expertise]Le goût des autres
[Expresso] Des vacances à vivre
[Initiative] Retour à soi
[Regard] Voyager
[Lectures]Carnet de route
[Live] Nuits blanches - Benjamin Biolay
[Voyage]Retour d'Istanbul

02/06/2014

DOSSIER | Europe, l'union dans tous ses états


Editorial | Citoyens d'Europe

Au delà du schéma juridique des plus complexes qui favorise certes la reconnaissance démocratique des 27 pays membres, l'Europe s'illustrera le jour où existera une citoyenneté de fait comme de droit. Bien sûr, il est déjà possible de parler d'une culture européenne commune à l'ensemble des états. Mais l'appartenance locale demeure encore un pari.

Pour être réelle et concrète, la démocratie européenne passe par une organisation fédérale. L'Europe citoyenne sera un fait lorsque chacun pensera en premier lieu à la dimension communautaire avant même l'état sur lequel il habite. L'acquisition de ce réflexe passe par une organisation politique ad hoc. 
L'euro-citoyenneté doit s'intensifier à travers l'expression d'une culture commune vivante. A l'inverse de frontières entre les états membres qui brideraient la mutualisation des ressources, l'entité européenne doit peser dans le monde. Pour parler d'une seule voix, il lui faut être animer autour d'un projet structurant facteur d'adhésion en son sein. 

La gouvernance politique doit s'ouvrir aux défis du monde. L'Europe est un tremplin pour ses états membres afin d'exister dans le concert international. 


Au sommaire de ce dossier, retrouvez :

28/04/2014

DOSSIER | Le travail, de l'emploi à l'émancipation des individus



Editorial | Mode d'emploi

La réalisation de soi est un parcours à l'interminable chemin que l'activité professionnelle balise. Du travail à l'emploi. Notre société occidentale entretient un rapport très fort avec le monde du travail qui conditionne la vie entière des individus jusqu'au plus profond d'eux-mêmes. Dans ce qu'ils sont comme dans ce qu'ils font. Dans l'être aussi bien que dans l'avoir, la tâche contrainte devient source d'émancipation. Autrement dit, l'accès à l'emploi n'est pas seulement un critère d'insertion mais plus que cela une source d'épanouissement
Dans les conversations de la vie courante, à la question : Que faîtes-vous dans la vie ?, il est convenu d'attendre comme réponse la profession de celui à qui s'adresse l'interrogation. Ce code est très révélateur du rapport que chacun attribue à la profession dans sa vie.
La profession supplante les autres activités de l'Homme au cours de sa vie et limite son identité pour ne pas dire la discrimine. Je suis identifié aux yeux des autres et parfois même à mes propres yeux, selon la profession que j'occupe, comme tel.

[A travers la double dynamique économique et d'accomplissement de soi,
 le travail créé de la valeur mais n'en constitue pas une pour autant]

Tout travail mérite salaire révèle le célèbre dicton. Une fois que l'on a pris conscience de ce principe, il reste à définir la valeur que représente l'objet de l'activité que l'on exerce parfois avec la plus grande ferveur. Car, comme se plaît à le répéter le Philosophe contemporain André COMTE-SPONVILLE, le travail n'est pas une valeur mais il a une valeur. Autrement dit, le "goût de l'effort" qui justifie l'application de chacun à sa tâche ne doit pas être confondu avec la profession qui, quant à elle, se monnaie et se négocie en fonction de l'intérêt qu'elle représente auprès de ceux qui en sollicitent le service.
Ainsi, ce n'est pas tant la fonction que j'occupe qui importe mais bien la manière dont je conduis les tâches qui me sont donnés d'exercer. Les véritables qualités d'un individus ne s'illustrent pas tant par le chiffre qui apparaît au bas de la fiche de salaire mais dans le souci, l'application et parfois le zèle dont le professionnel fait preuve dans son emploi.
Travail et emploi forment deux maillons d'une même chaîne, celle de l'activité professionnelle porteuse de richesse et de reconnaissance tant pour les individus que pour la société qu'ils incarnent.

Au sommaire de ce dossier, retrouvez :

[Médito] Du travail à l'emploi
[Débat] Travail ou pause dominical (Par Donatien LECAS)
[Expertise] Pour une politique de l'emploi durable (Publié sur Angers Mag)
[Lectures] Le travail qui fait mal (Livre de Anne HIDALGO)
[Voyage] Bureau International du Travail

01/04/2014

DOSSIER | L'éthique, comportement moral d'une société en quête de sens


| EDITORIAL | Ethique de la personne 


La question de l'éthique au sein de la société est le plus souvent envisagée à travers deux regard distincts. Celui porté auprès des dirigeants qui engagent une responsabilité collective et s'illustre par des pratiques sociales et auxquels nous attendons un comportement exemplaire. L'autre regard désignée par la bioéthique s'intéresse à la recherche médicale et encadre les questions de santé. Le trait commun qui se dégage se manifeste à travers la relation de pouvoir et d'autorité qu'une société est en droit de s'administrer. L'éthique pose dans ce cas les limites en proposant de s'interroger sur un principe d'ordre moral : que dois-je faire ? Elle exprime alors le devoir de responsabilité et pousse les chercheurs, législateurs et dirigeants de tous poils à s'interroger sur leurs pratiques. 
Cependant, l'éthique peut également s'envisager sous l'angle du droit des citoyens. Dans ce cas, l'éthique pose une autre forme de limite, celle de savoir jusqu'où peut aller la liberté individuelle. Il importe alors de se questionner sur ce qui fonde le caractère commun des membres d'une société et les piliers qui garantissent la cohésion de celle-ci. C'est là qu'apparaît l'éthique de la personne comme respect de la dignité. 




[L'éthique pose la question des limites en proposant de répondre à la question  : que doit-on faire ? là où le progrès répond à celle de que peut-on faire ? et le philosophe que veux-je faire ?]




L'émancipation des individus qui la composent est la question première de toute société. Et ce, à tous les niveaux du pouvoir. Car quel que soit l'âge des membres qui la composent, ceux-ci peuvent prétendre à accéder aux droits pour trouver leur place, s'épanouir dans un rôle et ainsi vivre tout simplement. Ainsi, appréhender l'individu comme une personne, c'est le considérer dans sa relation aux autres et au monde. La personne évolue au coeur de la complexité de l'existence. Mieux, elle l'incarne. 

Oser le doute, l'écouter et l'apprivoiser  est très certainement le plus sûr moyen de construire une vie éthique.

Si tout un chacun évolue dans une société commune, les besoins de chacun peuvent varier en fonction des âges ou des situations de la vie. Ainsi, le temps de l'enfance éveille aux premiers apprentissage ainsi qu'à la socialisation comme base de l'existence. La jeunesse marque une transition et un cheminement du déclic à l'itinéraire. La vie adulte offre les opportunités de construire une famille et d'affirmer la fonction parentale. Au fil des ces étapes, l'expérience construit la mémoire du parcours de vie de chaque personne. 

Au sommaire de ce dossier, retrouvez :


03/03/2014

DOSSIER | La pédagogie, précepte au service du changement social



Editorial | La fabrique pédagogique


L'expression "faire de la pédagogie" est à notre époque communément utilisée pour qui se trouve en situation d'agir dans un contexte délicat, un environnement complexe ou encore un système à ressort multiple. Un décor sociétal où la définition que donne Paul Valéry à propos de l'éducation déploie tout son sens :  L'éducation ne se borne pas à l'enfance et à l'adolescence. L'enseignement ne se limite pas à l'école. Toute la vie, notre milieu est notre éducation, et un éducateur à la fois sévère et dangereux. Même si on emploie parfois abusivement le terme pédagogique, il faut donc saluer la volonté d'en faire autant que le besoin d'en bénéficier. 
L'usage récurrent du terme pédagogie est ainsi fait ne doit pas faire oublier l'existence de principes fondateurs. Chacun l'emploie désormais à sa guise sur des sujets aussi bien quotidien comme le tri des déchets ménagers que pour expliquer les grands enjeux de société que nous traversons. A tel point qu'aujourd'hui, la société toute entière s'est désormais approprié le terme pédagogie dans un langage courant.
La pédagogie ne doit pas être travestie en suppôt marketing mais illustre une véritable volonté de faire progresser l'individu. Il est un terme plus particulièrement encore évoqué par les dirigeants pour s'adresser au mass media dans leur tentative de communication. A telle enseigne que le sens du mot pédagogie s'en trouve lui-même vidé de sa substance.


[L'homme évolue dans une société du projet où chaque initiative nécessite de répondre à une déclinaison sensée et argumentée]



Q'on s'en plaigne ou s'en réjouisse, l'usage du terme plus que de ce qu'on en fait un terme à la mode qui s'entend dans tous les milieux socio-économiques. Ainsi donc, dans les entreprises de grande distribution autant que les PME, les organisations politiques et syndicales ou encore les grandes écoles, à l'image d'une thérapie douce, il est convenu d'invoquer la pédagogie pour surpasser les difficultés. Dans bon nombre de milieux socio-économiques hors du traditionnel champ scolaire. Y aurait-il autant de citoyens à éduquer ? A défaut d'un cap clair et faute d'un projet partagé, on détourne la pédagogie de son dessein premier et on la plébiscite comme miroir aux alouettes. Il s'agit d'un recours Une nouvelle convenance en apparence inoffensive s'installe sans ordonnance et sans que le milieu s'y prête toujours, pour donner du sens à ce qui n'en a pas vraiment.
En tant que méthode pour agir, la pédagogie vertueuse  dans le management repose sur plusieurs principes indissociables. Pratiquer l'écoute active pour mieux prévenir les risques psycho-sociaux ; susciter la curiosité pour favoriser une meilleure appropriation des activités ; stimuler la créativité pour révéler et valoriser les compétences de chacun ; faciliter les échanges de pratiques pour permettre une meilleure transmission

Au sommaire de ce dossier, retrouvez :

[Médito] Progrès

[Débat] Mieux est l'ami du Bien
[Expertise] Changement social
[Expresso] L'intergénération, une pédagogie de la transmission (publié sur Angers Mag)
[Regard] Pédagogie active
[Lectures] Manager les compétences
[Live] Réseau des Entreprises du Développement Durable
[Portrait]S'adapter
[Voyage] Asie, bain de culture

03/02/2014

DOSSIER | Le territoire, socle de l'identité sociale des individus


Apchon, CANTAL, Juin 2012

EDITORIAL | Refuge de nos vies 


Sans le socle que constitue le territoire, la vie de l'homme ne se caractérise-t-elle pas comme un puits sans fonds ? A la fois bassin de vie et espace de projets, le territoire cristallise l'existence de chacun de ses résidents. Au-delà du périmètre qu'il représente pour l'action, le territoire se caractérise encore par une multitude de paramètres qui forment le labyrinthe de l'itinéraire de nos vies. L'attachement au territoire marque ainsi l'adéquation entre l'homme et son milieu et les nécessaires intéractions qu'il faut engager pour administrer celui-ci. Ainsi, le territoire prend véritablement son sens, partir des activités que l'homme y mène. Il est le fruit de cette interactivité.

Terre d'origine ou d'adoption, paysage de relief ou plat pays, continent sauvage ou mer d'azur chacun d'entre nous possède son port d'attache. On a tous un coin de la planète où l'on aime se retrouver seul ou avec des proches. Qu'il s'agisse du lieu de notre enfance, symbolisant nos racines ou un endroit choisi pourvu qu'il nous ressource.
A titre d'exemple, pour le philosophe, la cité, territoire du débat et de la vie publique s'incarne sur tous les sols. Autrement dit, ce projet s'anime du coeur jusqu'au périphérique des villes ainsi qu'à l'endroit le plus reculé des campagnes. C'est plus largement l'ensemble de l'espace public où se côtoient les citoyens.

 [Dans l'interaction que l'homme nourrie avec le territoire, 
la moindre surface en jachère devient alors un monde à soi] 

En fonction des activités que chacun développe, le territoire peut se présenter comme un espace sans limite. Cela s'observe avec le numérique, territoire virtuel qui complète et valorise la vie réelle sans ne jamais se substituer à elle. Il faut une existence sociale portant des échanges de visu pour alimenter l'écran qui révèle ainsi les expériences. C'est ce qu'on appelle l'interaction. Sans quoi, l'écran ne devient qu'un miroir déformant. Et la carte n'est pas le territoire. Le regard que chacun porte sur le territoire où il vit est bien souvent l'empreinte de sa vie et forme une carte mentale bien différente de la matière brute que représente l'espace à construire.
C'est pourquoi, l'aménagement du territoire représente un enjeu stratégique qui impacte l'ensemble de activités humaines. Sans les cristalliser, il faut créer les conditions de leur co-habitation. Terreau du vivre ensemble, le territoire représente le bien commun dont non seulement la puissance publique mais l'ensemble des acteurs sont les garants.

Quels qu'ils soient, nos projets se confrontent toujours à la réalité du territoire. Si pour répondre à ses hôtes, le territoire du XXIe siècle doit organiser les conditions de son autosuffisance, il doit le faire à travers le regroupement intercommunal, en s'invitant dans la complémentarité des projets. Vu sous cet angle, le territoire se transforme de The place to be à The place to do. 




Au sommaire de ce dossier, retrouvez :


[Médito] Milieux
[Débat] Urbain / Rural
[Expertise] Bien commun